La grippe A (H1N1), un exemple de montréalisation de l’information?

Mardi 17 novembre 2009
Par Pierre-Olivier Fortin
Grippe A (H1N1) à RDI

www.radio-canada.ca/rdi

D’un côté, la grippe : le nombre de cas, la campagne de vaccination massive dont les règles changent d’une région à l’autre et en fonction du nombre de doses disponibles. De l’autre, des gens souvent inquiets : certains se bousculent aux centres de vaccination, certains se font retourner à la maison parce que ce n’était pas leur tour, certains ne savent pas trop quand leur tour viendra. Entre les deux, les journalistes.

À défaut d’une dose de vaccin, c’est une bonne dose d’humilité que la grippe a donnée à certains. Malgré la gigantesque couverture médiatique de la grippe A (H1N1), des gens se présentent dans les centres de vaccination avec la mauvaise information…

À l’entrée d’un de ces centres à Québec, les agents de sécurité racontent que plusieurs s’y rendent en se basant sur les règles de vaccination qu’ils ont lues, vues et entendues dans les médias, mais doivent rebrousser chemin en maugréant parce qu’il ont été mal informés.

La semaine dernière, le journaliste Yves Therrien du Soleil écrivait, dans un article sur l’esprit de confusion dans les centres de vaccination à Québec :

«Et d’autres affirment qu’ils ont entendu l’information à la télévision. Une des personnes au début de la file d’attente explique alors aux gens qu’ils ne devraient pas se fier à RDI ou à LCN, qui ont martelé toute la fin de semaine, et aujourd’hui encore, les règles de vaccination pour la région de Montréal. Mais les directives pour Québec sont différentes, et pour la Rive-Sud aussi. Un autre groupe de gens déçus tournaient les talons en maugréant.»

Au Téléjournal de Radio-Canada, à Québec, des personnes rencontrées dans les centres de vaccination racontent que la télévision dit une chose, que la radio en dit une autre, que les médias ne parlent que de Montréal, pas de Québec.

Un autre dossier dans le classeur de la montréalisation des ondes? Bien difficile de vérifier quelles informations ces personnes ont entendues, à quel moment, dans quel média… L’information a-t-elle été mal livrée? Mal expliquée? Mal comprise?

La grippe à RDI
Bien difficile aussi, pour les médias, de démêler tout ça. «Il y a un flot d’information inouï», témoigne la première directrice de RDI, Luce Julien.

Pour éviter la confusion, la direction de RDI a demandé aux journalistes et animateurs, lorsqu’ils donnent une règle de vaccination pour une région en particulier, de préciser la situation pour d’autres régions ou de suggérer de consulter le site Pandémie Québec.

Un «bureau de grippe» composé de cinq personnes (journalistes, animateur, recherchiste, rédacteur…) a été mis sur pied la semaine dernière au Réseau de l’information, justement pour offrir une couverture complète et rigoureuse. Malgré tout, poursuit Mme Julien, «c’est sûr que les gens peuvent aller dans des centres en disant qu’il ont entendu quelque chose [dans les médias], qu’est-ce que vous voulez, c’est extrêmement complexe, sinon confus».

«Et pour une chaîne nationale, c’est encore plus complexe», ajoute-t-elle. Si seulement le plan de vaccination était le même partout… Mais il change «non seulement d’une province à l’autre, mais aussi, d’une région à l’autre», explique Mme Julien. Pour ajouter à la complexité, les nombreux plans dans les nombreuses régions ont changé de nombreuses fois parce que les autorités de santé publique doivent s’adapter à la disponibilité des vaccins.

Luce Julien se dit très fière de la couverture de RDI à ce sujet. «C’est une couverture importante et qu’on veut faire le mieux possible».

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