Martin Bisaillon se retire de la course à la présidence de la FPJQ
Martin Bisaillon s’est retiré de la course à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) aujourd’hui, et c’est Brian Myles, journaliste au Devoir (son bureau se trouve à quelques mètres du mien) qui le remplacera.
En entrevue téléphonique, M. Bisaillon dit ne pas vouloir faire de commentaires. Il a toutefois rédigé une lettre expliquant les raisons de son retrait, lettre qu’il nous a fait parvenir dans l’après-midi. «Depuis le début du processus, on a travaillé en équipe tout le temps et la lettre est approuvée par mon comité, donc Brian devient le candidat», conclut le journaliste de Rue Frontenac.
Voici la lettre, envoyée via Facebook :
«Au cours des derniers jours le président sortant de la FPJQ, le secrétaire de l’exécutif de la FPJQ, le rédacteur en chef du Trente et des personnes anonymes ont mis en doute de diverses manières mon leadership comme candidat à la présidence de la FPJQ, notamment parce que je suis un journaliste en lock-out et que le mécontentement que j’éprouve actuellement à l’égard de mon employeur nuirait, selon eux, à mon objectivité.
Je laisse aux membres de l’organisation le soin de juger de leurs méthodes qui en disent long sur leur manière de concevoir le journalisme et la démocratie.
Nonobstant celles-ci, il est bien évident que ma candidature est devenue controversée et porteuse de divisions.
J’ai voulu être rassembleur dans ma démarche que j’ai faite de bon coeur. Je suis parvenu à monter une équipe de grande qualité. Avec cette équipe, nous avons généré de l’espoir chez beaucoup de nos collèges partout au Québec. Mais par-dessus tout nous leur avons permis d’entrevoir l’émergence d’une nouvelle FPJQ, certes neutre mais plus représentative et présente dans l’ensemble des débats qui touchent notre profession.
Cet espoir demeure intact. Il est bien plus important que ma candidature. À quelques jours d’un congrès qui s’annonce historique et important, j’annonce que je ne me présenterai pas à la présidence de la FPJQ.
Je cède ma place à Brian Myles, du Devoir. Michel Corbeil, Isabelle Richer et André Noël continuent d’oeuvrer avec lui.»


Janvier 2011
Loading
À tous les membres,
D’abord, je tiens à m’excuser pour mon français, car je m’adresse à des gens passionnés par la langue de Mollière.
Samedi prochain aura lieu le congrès de la FPJQ ainsi qu’un vote menant à la nomination du nouveau président de la FPJQ.
Je viens de recevoir par l’entremise de la Liste FPJQ, un courriel du président sortant François Bourque. Je tiens à exprimer ma déception face à une guerre ouverte entre le président sortant et sa campagne se salissage contre M. Bisaillon.
François Bourque à envoyé un courriel à tous les membres de la FPJQ favorisant le candidat François Cardinal, jusqu’à la j’ai aucun problème avec ça. Cependant, il désapprouve que M. Bisaillon se présente comme candidat et y va même d’une campagne de salissage en citant les statuts Facebook de M. Bissaillon. De plus, un blog contenant le Best Of de M. Bissaillon a été créé afin de discréditer le candidat. Quel manque de professionnalisme de la part de M. Bourque, Il ne respectant même passa devise: rigueur, indépendance et équité au service du public.
Je trouve ça inacceptable que M. Bourque utilise l’info lettre de la FPJQ pour faire passer son message. Je me suis inscrit à la FPJQ croyant que la force d’une Fédération était plus forte que ma seule voix, cependant je suis très désappointé de constater qu’à l’intérieur même d’une organisation vantant les mérites de la rigueur journalistique, les guerres intestines sont présentent.
S.V.P., Messieurs, nous avons besoin d’une voix unique et forte et non pas d’un Président cherchant à manipuler l’opinion de ses membres tel un Richard Martineau.
Rigueur, indépendance et équité au service du public, je nous le souhaite…
Poteau
Pour le bénéfice de tout le monde, puisque Martin Bisaillon a décidé de se retirer en attaquant, entre autre, ma crédibilité en tant que rédacteur en chef du Trente, j’aimerais que apporter quelques éclairages sur ce que l’on nommera « L’Affaire des statuts Facebook de Martin Bisaillon »
Le 8 octobre dernier, lorsque j’ai appris l’intention de Martin Bisaillon de se présenter en tant que président de la FPJQ en lisant Le Devoir, j’ai envoyé le message suivant à Stéphane Baillargeon, journaliste au Devoir ainsi qu’à François Bourque, président de la FPJQ.
====
Bonjour Stéphane!
Ce message t’es adressé en mon nom personnel et n’implique que ma propre opinion.
J’ignore ce que tu penses du projet de Martin Bisaillon de devenir membre de la FPJQ, mais en ce qui me concerne, je crains une radicalisation de la FPJQ, qui ne sera alors plus un porte-parole crédible de notre industrie.
Si Martin Bisaillon est élu, j’entends quitter mon poste de rédacteur en chef du Trente et annuler mon abonnement à la FPJQ.
Si cette Fédération se radicalise, ce sera sans moi.
Depuis le début du lock-out, chaque fois que Le Trente a eu le malheur de tendre le crachoir un tant soit peu à la partie patronale (Quebecor) ou prêter une oreille à leurs arguments, on a eu droit aux foudres des lock-outés.
Je suis bien sûr sensible à leur situation, mais ils semblent ne pas comprendre le rôle de ce magazine, celui de stimuler le débat dans la profession, et son indépendance par rapport aux positions de la FPJQ.
Nous avons publié des textes critiques à la fois de Quebecor et à la fois de la partie syndicale. Si j’en crois ce que j’entends de la part de lock-outés, le Trente aurait dû se faire le porte-voix des syndicats de journalistes.
Il est clair qu’avec Martin Bisaillon à la tête de cette Fédération, je ne donne pas cher du statut d’indépendance du Trente.
Si le Trente devient un organe syndical, ça aussi, ce sera sans moi.
Pour ta gouverne, je t’envoie quelques statut Facebook publiés sur la page de Martin Bisaillon au cours de la dernière année.
Est-ce digne d’un futur président de la FPJQ? Je te laisse en juger…
===
La fin du message était composée d’une collection de statuts Facebook de Martin Bisaillon, assez malheureux. Ce sont ces statuts qui ont par la suite circulé parmi certains journalistes.
Mon message, certes assez émotif, était donc celui d’un rédacteur en chef qui avait des craintes de voir sa Fédération et le magazine dont il s’occupe sans compter ses heures se radicaliser et perdre sa nature indépendante.
Maintenant, la question qui tue: s’agit-il de salissage que de diffuser des commentaires que Martin Bisaillon a lui-même écrits?
Quelques semaines plus tard, j’ai eu un échange par courriel avec Martin Bisaillon, où j’ai eu l’occasion de lui signifier mes craintes face à sa candidature. Je lui ai dit que, dans l’état actuel des choses, je ne considérais pas qu’il avait l’autorité morale de devenir président de la FPJQ.
Je lui ai aussi parlé de mon intention de quitter mon poste de rédacteur en chef du Trente.
Il m’a répondu que si je quittais mon poste de rédacteur en chef, « cela équivaudrait implicitement à nier son indépendance ». Sur ce point, je lui donne raison.
Or, après avoir échangé avec lui, certaines de mes craintes concernant sa présidence ont été dissipées, et j’étais prêt à suivre cette course, à écouter les arguments des deux parties la tête froide.
Maintenant, la liste des statuts Facebook de Martin Bisaillon existe. Hélas. Là-dessus, Martin Bisaillon n’a que lui-même à blâmer. Il est l’auteur de ces lignes. Pas moi.
Or, je ne suis pas celui qui a mis cette liste sur un blogue, et je déplore ce geste. À la rigueur, la personne qui l’a fait n’aurait pas dû se cacher sous le couvert de l’anonymat. On s’assume, on on se tait.
Cela dit, Martin Bisaillon peut minimiser la portée de ces statuts, le problème c’est qu’il a écrit des choses assez graves sur son employeur, sur des cadres, sur Le Trente, sur la FPJQ.
S’il dit être en mesure de faire la part des choses entre son quotidien de militant syndical et le poste qu’il convoitait à la FPJQ, il nous est tout de même permis d’émettre certains doutes. Ce que j’ai fait.
Il n’y a pas de guerre intestine, ni d’opération de salissage, il y a seulement un gars (moi) qui s’est demandé voilà un mois si Martin Bisaillon était vraiment la meilleure personne pour représenter l’ensemble de notre profession.
Ça, on ne le saura jamais (enfin, pas tout de suite, du moins).
Et bien, quelle histoire. J’ai ressenti un malaise en lisant la prise de position du président actuel François Bourque. Il me semble qu’il a mis le feu au poudre en utilisant ces statuts Facebook et un blogue anonyme. Pas très bien pour un président et un journaliste. Dommage.
Le ton des derniers jours a été très dur, mais il traduit sans doute une crainte commune : celle d’en venir à un éclatement.
Pour la première fois de son histoire, la FPJQ est exposée à une élection à la présidence. Profitons de cet événement pour rebâtir sur les bases du dialogue.
Il importe plus que jamais d’avoir une voix forte pour les journalistes au Québec et toutes les parties doivent être représentées. À plus forte raison dans ce contexte de compressions et de réorganisation de la profession journalistique.
Plus que jamais, il faut miser sur ce qui nous rassemble et non sur ce qui nous divise. Pour réussir à aller de l’avant et trouver la sortie de la crise, il importe de souder nos liens et non de les détruire.
[...] Like, as soon as I publish this, I read (on that same blog) that Bisaillon has pulled out of the FPJQ leadership race, citing these attacks as the main reason. Brian Myles of Le Devoir, who was running with Bisaillon, [...]
Steve, tu me fais bien rire quand tu dis que Bisaillon a dit des choses « assez grave » sur ses boss qui l’ont sacré à la porte.
Ces soi-disants status Facebook, s’ils sont bien de lui, (on ne peut même pas vérifier s’ils sont authentiques) étaient destinés à ses « amis », pas des déclarations publiques. D’ailleurs ses boss n’étaient pas censés les voir, et voilà qu’en les faisant circuler, tu pourrais lui attirer des mesures disciplinaires lors de notre éventuel retour au travail.
Si on t’enregistrait dans des conversations privées avec tes amis, je suis sûr que tu as déjà dit des choses « indignes » d’un rédac en chef du Trente, non ? Ça ne compte pas comme des déclarations publiques.
Je suis même sûr qu’en privé, François Bourque a déjà traité ses boss de trous-de-culs, comme tout le monde. Ça ne le rendait pas moins digne d’être président.
Steve, au lieu de te défendre, tu pourrais t’excuser d’avoir (toi et François Bourque, entre autres) fait dévier le débat pour en évacuer toutes les idées au profit d’attaques mesquines, d’un procès d’intentions et d’un soi-disant agenda caché syndical. Rappelle toi qu’on est tous journalistes, à la base. Est-ce que se faire mettre en lock-out par notre employeur fait de nous des syndicalistes avant tout? J’en doute. Et dire le contraire (ou le laisser entendre), c’est faire preuve d’une mauvaise foi crasse.
En espérant que la candidature de Brian Myles permettra enfin d’avoir un sain débat sur la FPJQ et que les attaques personnelles cesseront pour laisser place aux idées.
David: je ne m’excuserai certainement pas.
Vincent: La façon de confirmer si les statuts Facebook sont authentiques est de consulter la page Facebook de Martin Bisaillon.
Et si vous pensez encore que ce qui s’écrit sur Facebook relève de la vie privée, arrivez en 2009 les copains.
Et je vous ferai remarquer qu’au temps où vous étiez tous au Journal de Montréal, vous n’aviez aucune honte à publier les statuts Facebook malheureux de certains candidats lors des dernières élections provinciales. Vous avez même mis des photos.
Mais je suis d’accord avec toi: parlons d’autre chose et laissons place aux idées.
Cette idée, par exemple, d’exclure les cadres de la FPJQ: peut-on en débattre?
Justement ce débat, pourrait-il avoir lieu de manière structurée au congrès, avant de voter samedi, avec les deux candidats qui pourraient présenter leurs visions et répondre à nos questions?
Car c’est bien beau de parler de la crise, de sa prétendue fin, mais il serait dommage d’esquiver les questions politico-syndicalisto-matérielles qui sont tout, sauf superflues.
Les deux candidats devraient être sur CIBL à Citoyen numérique, aujourd’hui vers 13n, ils devraient nous donner une meilleure idée de leurs visions.
Oui je sais. Mais on ne peut pas les interroger à CIBL.
Ouais, ça fait un peu adéquiste comme manière de mener une campagne de leadership, tout ça.
En marge du congrès de la FPJQ
Il nous faut 10 Fabrice
Il s’agit bien sûr de Fabrice de Pierrebourg, celui qui a le don de soulever des enjeux qui dérangent et déstabilisent un peu le rythme ronflant des affaires de l’État dans ce coin du monde.
D’abord avec son bouquin « Ces espions venus d’ailleurs » et ensuite avec Benoit Labonté, Fabrice nous a récemment rappelé qu’un chien de garde, ça jappe.
Son travail acharné nous a rendu service. Au rythme où vont les choses dans le monde des médias qui font face à la fois aux nombreuses mauvaises décisions des 30 dernières années et aux défaillances du capitalisme mondial, ce service vaut de l’or. Un scoop s’il en est un doublé d’une course aux trésors médiatiques, Labonté (ou Accurso, c’est selon) aura bien fait jasé.
Il est à pleurer que le travail de Fabrice et des autres journalistes qui ont travaillé d’arrache-pied dans ce dossier n’aura servi qu’à faire jaser. Il nous faut 10 autres Fabrice qui prendront la relève. Dix autres chiens de garde qui jappent. Ce ne sont pas les opportunités qui manquent. Gilles Taillon, qui règle ses comptes présentement, n’a-t-il pas demandé à la SQ d’enquêter sur les finances de l’ADQ?
Vous pensez qu’on nous gave de H1N1? Attendez de voir le bruit que créeront les fruits du travail d’individus dédiés à la recherche, à la documentation qui prend souvent racine dans le noir le plus total. Ce n’est évidemment que l’immuable pointe d’iceberg qui fut discutée dernièrement. Les partis politiques des trois paliers de gouvernement sont gangrénés jusqu’à l’os par le virus corruption. C’est lui, le R2D2, le vrai virus dont les journalistes devraient parler.
Déjà, le sujet commence à s’essouffler drôlement dans les pages des quotidiens et sur les ondes. Les chroniqueurs en parlent de moins en moins (ceux-là même qui font le tour des radios et des télés) et l’intérêt s’estompe. L’élection terminée, le calme revient. Après tout, il paraîtrait qu’une grave pandémie court les rues.
Le dossier n’est certes pas clos, mais il n’est plus l’explosion qu’il aurait dû devenir. Pourquoi?
D’où les 10 Fabrice. Dix fouines. Dix curieux. Le sujet de leurs recherches et de leurs reportages? Celui-là même qui fut toujours au cœur de cette histoire: la corruption de notre système rendue possible par la combinaison du financement des partis politiques et du mode de scrutin électoral. La colonne vertébrale de ce qu’on se plaît encore à nommer notre « démocratie », c’est cette combinaison-là.
Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si Québec Solidaire a profité de l’occasion mercredi pour rappeler au ministre de la Réforme des institutions, Claude Béchard, que le scrutin proportionnel est une bonne façon d’enrayer la corruption.
Le mode de scrutin actuel est un lègue de l’Empire Britannique, lequel a cessé d’exister depuis au moins 50 ans. Mais passons.
Tout ça pour dire que le sujet des journalistes indépendants a fait surface durant l’actuelle course au leadership de la FPJQ. Fabrice de Pierrebourg est indépendant depuis maintenant près de 10 mois. Pas de Dany Doucet, pas de Guy Perras. Que Fabrice et des idées qui volent dans toutes les directions en compagnie d’un rolodex équipé pour veiller tard. Cela ne fait-il pas réfléchir?
Les journalistes indépendants sont vitaux au bon fonctionnement de nos chères institutions. L’absence de protection devant la loi est ce qui accorde leur liberté aux journalistes indépendants (les grands groupes ne prendraient pas la chance d’une poursuite). C’est aussi cette absence de protection qui, bien souvent, viendra sérieusement compliquer leur travail ou simplement les pousser aux bords de la crise de nerfs.
De voir les indépendants commencer à dialoguer avec la FPJQ ne peut, finalement, qu’être un premier pas dans la direction qui est maintenant la seule possible.
Steve Proulx écrit: «Martin Bisaillon peut minimiser la portée de ces statuts, le problème c’est qu’il a écrit des choses assez graves sur son employeur, sur des cadres, sur Le Trente, sur la FPJQ.»
Le problème n’est pas aussi qu’un rédacteur en chef du Trente ait, sous prétexte de défendre l’indépendance de sa publication, manigancé pour nuire à un candidat à la présidence de la FPJQ? C’est plutôt inélégant comme procédé, et sûrement contradictoire…
Que Steve Proulx se justifie en disant qu’il craignait pour le magazine pour lequel il «dépense des heures sans compter», et que ce geste était «émotif», passe encore. On commet tous des erreurs de jugement sous le coup de l’émotion. Il fait simplement preuve de davantage de compassion pour sa propre personne que pour un journaliste en lock-out qui, lui aussi, a commis des erreurs de jugement sous le coup de l’émotion.
Si Steve Proulx avait une opinion sur Bisaillon, il devait l’écrire dans le Trente, point. Mais de jouer dans son dos, en son «nom personnel» (come on!), c’est de bas niveau.
Il y aura donc samedi discours des candidats à la présidence vers 13h30 suivi d’une période de questions (source: François Cardinal)
@ Gabriel
Comme je l’ai dit: Martin Bisaillon était au courant de mes positions. Et j’ai aussi informé de mes positions François Bourque, François Cardinal et ceux qui m’ont posé la question.
En ce qui me concerne, le complot s’arrête là. J’ai simplement fait remarquer que Martin Bisaillon émettait quelques opinions qui ne m’apparaissaient pas cadrer avec le job de président de la FPJQ.
Par la suite, la façon dont ces statuts ont circulé, et ce que les gens ont bien voulu y lire, ça ne me concerne plus.
Et je le répète, je déplore que toute cette histoire ait pris cette ampleur.
@ Steve
C’est dur de te prendre au sérieux quand tu écris que tu déplores «que cette histoire ait pris cette ampleur».
Quand tu as envoyé un message incendiaire au journaliste médias du Devoir, tu t’attendais à quoi, au juste?
Patrick Déry
12 novembre 2009 à 15:59
@Gabriel
On ne va tout de même pas rendre Steve responsable des écarts de langage de quelqu’un d’autre?
L’expression: “tirer sur le messager”, ça vous dit quelque chose?
Stéphane Baillargeon, qui écrit sur la course dans Le Devoir d’aujourd’hui, parle de “candidat autopeluredebananisé “. Le mot est bien choisi.
Est-ce que le fait d’être rédacteur en chef du Trente retire le droit d’être préocuppé, comme membre et comme journaliste, de la direction que pourrait prendre la FPJQ? Steve a fonctionné à visière levée, en écrivant au seul journaliste qui couvre les médias à la quotidienne. Si le Trente avait eu son blogue à ce moment, ça serait peut-être sorti ici.
Quant aux statuts eux-mêmes, si ce n’était pas pertinent, Martin Bisaillon n’avait qu’à maintenir sa candidature et laisser les gens juger. Reste qu’il ne s’agit pas de réactions à chaud sur un coup de tête, mais de commentaires étalés sur plusieurs mois. Si, à l’opposé, un candidat à la présidence avait tenu des propos méprisants pour les lock-outés de Rue Frontenac et des syndiqués en général, aurait-on jugé que ça n’était pas pertinent ou que ça relevait du domaine privé? Bien sûr que non!
D’ailleurs, je rappellerais que le précédent rédacteur en chef du Trente, Jean-François Parent, avait subi la même médecine lorsqu’il avait écrit à propos du lock-out au Journal dans le numéro de mars, essayant de faire la part entre les positions du syndicat du Journal et de celles de la direction. (j’avais cosigné un des textes).
Il y a dans tout ça une attitude de « crois ou meurs » (George W. dirait: vous êtes avec nous, ou contre nous) dans le présent débat, qui serait agaçante peu importe le milieu dans laquelle elle prévaudrait. Mais elle devient franchement gênante lorsque des journalistes sont concernés.
Au delà de la diffusion de ces messages, la question que cette histoire pose est:
Quelle confiance accorder à l’exécutif de la FPJQ si certains de ses membres directeurs (je sais Le Trente est indépendant, mais c’est le forum de discussion de la fédération)agissent en coulisse pour faire échouer la candidature d’une personne car elle ne leur plait pas?
Je n’ai moi-même pas décidé qui voter, je ne suis donc aucunement « pro-Bisaillon ».
Il n’empêche, Steve Proulx a beau avoir une opinion comme tout un chacun, mais en l’état il occupe des fonctions qui devraient lui imposer une réserve. Le nier serait faire preuve de mauvaise foi.
Surtout, il est malheureux que le premier « duel » pour la tête de la FPJQ se déroule de la sorte.
Le Trente n’est pas le « forum de discussion » de la Fédération.
La Fédé a sa lettre pour faire passer ses prises de positions. Elle souhaite l’existence d’un magazine indépendant et qui peut aussi la critiquer (je vous invite à lire l’édition du mois, en page 20, d’ailleurs). En quatre ans à la permanence du Trente, je n’ai jamais reçu aucune demande de prendre telle ou telle position. J’aurais été le premier à hurler si ça avait été le cas.
Les statuts de la FPJQ garantissent son indépendance. Le rédacteur en chef n’est pas un « membre directeur » de la Fédération. Il n’a aucun impact sur ses prises de position, ni l’inverse. Il n’assiste même pas aux réunions du conseil d’administration.
Quant au devoir de réserve, au contraire: il n’y a pas assez d’observateurs de la scène des médias au Québec. Pourquoi baîllonner ceux qui s’y consacrent?
Je suis d’accord avec vous que ça serait encore mieux si une fondation indépendante finançait le Trente. Qui est prêt à payer?
Enfin, au risque de répéter, ce n’est pas le rédacteur en chef du Trente qui a écrit la lettre aux membres cette semaine.
Et ce n’est pas lui non plus qui a écrit les statuts Facebook.
Quoi? Ai-je bien lu? Une attitude crois ou meurt à la Bush? Pourtant, en lisant les courriels de François Cardinal (il attaque encore l’équipe qui se présente contre lui dans sa 2e prise de position officielle) on sent qu’il crée lui-même une crise. « La nation est en danger, il faut serrez les rangs, votez pour moi! » Je crois que l’attitude de Bush, on la retrouve surtout du côté de Cardinal.
Et pendant ce temps, les idées sont évacuées. On fait juste parler de la démagogie du clan Cardinal qui parle d’un virage syndical à la Fédé. Il ne veut pas débattre d’idées. Pourquoi? Je vous le demande…
@ Gabriel:
Quand tu as envoyé un message incendiaire au journaliste médias du Devoir, tu t’attendais à quoi, au juste?
==
Je m’attendais à ce qu’il publie mon avis et peut-être celle d’autres personnes en désaccord avec la candidature de Martin Bisaillon. Car il y en a. Plus d’une.
Il ne l’a pas fait. C’est son droit. J’aurais pu le sortir dans le Trente, mais utiliser l’espace dans ce magazine pour prendre position en mon nom personnel ne me semblait pas vraiment brillant.
Ce que cette histoire nous révèle, et la façon dont tout ça est sorti en fin de compte, un mois plus tard, à travers un blogue anonyme, nous prouve que les espaces de débats entourant la FPJQ sont inexistants.
La production du magazine est trop lente pour pouvoir permettre un véritable débat en un si court laps de temps.
Espérons que ce blogue, dans l’avenir, pourra jouer ce rôle d’agora.
Le statut de salarié du Trente (donc de la Fédé, indirectement) de Patrick Déry pourrait aussi lui imposer un devoir de réserve…c’est toujours mauvais signe dans les organisations quand les seuls salariés se mettent à grenouiller pour éviter un changement de direction.
Vincent,
Le changement de direction, comme salarié de la FPJQ, est le cadet de mes soucis. En principe, ce n’est pas censé avoir d’impact sur le contenu du magazine, n’est-ce pas?
Ceci dit, ce n’est pas non plus comme si je gagnais 100 000 $ par an ici. Si l’indépendance du Trente est menacée, où si les conditions dans lesquelles je travaille devaient changer, je ferai ce que j’aurai à faire. Je n’ai pas perdu beaucoup de sommeil là-dessus.
Malgré tout, j’ai parlé à Martin Bisaillon il y a quelques semaines, je lui ai dit ce que je pensais, et j’étais prêt à donner une chance s’il l’emportait. Ça ne veut pas dire que, comme membre, et aussi comme journaliste qui couvre les médias (parce que je suis ça aussi), que je ne suis pas sensible à ce qui se passe et à comment une nouvelle direction pourrait affecter les différents débats en cours dans notre milieu.
Comme je l’ai mentionné plus haut, l’idéal serait d’avoir un magazine complètement séparé de la Fédé. Là-dessus, je te rejoins complètement.
Pour le reste, j’ai été assez réservé jusqu’à maintenant, mais j’admets que je commence en avoir ras-le-bol à chaque fois que le Trente est attaqué, directement ou indirectement, pour délit d’opinion. Les attaques viennent souvent du même côté, d’ailleurs.
Enfin, je trouve ça complètement injuste que ça soit Steve qui encaisse tous les coups.
Alors oui, je me montre solidaire. Je suis sûr que tu peux comprendre.
[...] triste de voir ce qui se passe à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec avec le retrait d’un candidat à la présidence, surtout en raison des circonstances entourant son [...]