Quatre questions aux candidats à la présidence de la FPJQ
Afin d’éclairer un peu le débat entourant les élections à la FPJQ, le Trente a posé quelques questions aux candidats à la présidence. Les réponses de François Cardinal et de Brian Myles.
LES CANDIDATS:
François Cardinal est journaliste depuis une dizaine d’années, pendant lesquelles il a travaillé principalement à La Presse, au Devoir et au Journal de Montréal. M. Cardinal est maintenant reporter à l’environnement à La Presse et chroniqueur à «C’est bien meilleur le matin», à la radio de Radio-Canada. Il est aussi l’auteur de l’essai «Le mythe du Québec vert», publié en 2007.
Brian Myles est journaliste aux affaires criminelles au Devoir (où l’auteur de ces lignes est aussi surnuméraire) depuis 14 ans. Il se présente à la présidence de la FPJQ. À 37 ans, M. Myles est aussi chargé de cours à l’UQAM depuis 10 ans où il anime un atelier de journalisme de style magazine. Avec Isabelle Richer (Radio-Canada), André Noël (La Presse) et Michel Corbeil (Le Soleil), M. Myles faisait déjà partie de l’équipe de Martin Bisaillon, qui lui ne se présentera à aucun poste cette année.
QUESTIONS-RÉPONSES:
Trente: Que s’est-il passé avec Martin Bisaillon? Votre réaction?
François Cardinal: Le contexte dans lequel nous travaillons tous est tendu, fébrile. Martin Bisaillon et moi-même sommes d’ailleurs plongés dans des conflits de travail qui exacerbent les tensions. Malheureusement, cela a ouvert la porte à de nombreux débordements. Certains ont profité de l’occasion pour régler leurs comptes, pour se livrer à des attaques personnelles, qui n’ont nullement leur place au sein de la FPJQ.
Brian Myles: Les attaques dont Martin Bisaillon a fait l’objet et les commentaires que lui-même a formulés sur Facebook, à chaud, lui on fait croire qu’il n’aurait pas l’autorité morale pour continuer et être un candidat rassembleur, chose dont la Fédération a bien besoin en ce moment. Beaucoup de gens veulent beaucoup de mal à Martin Bisaillon. Et il a reconnu lui-même que certains de ses commentaires avaient été un petit peu pesants. Il ne voyait pas comment il pouvait se positionner comme un rassembleur, et avoir le jugement et le recul nécessaires.
Dans les circonstances, on avait deux choix: soit il n’y avait plus de campagne, ou alors, on poursuivait. Mais on se faisait dire partout que nos idées suscitaient de l’espoir, tout au moins, un certain enthousiasme.
Trente: Les journalistes doivent-ils avoir un titre protégé? La profession doit-elle être formellement reconnue?
François Cardinal: La question se pose. Et il importe dans le contexte de crise d’avoir collectivement ce débat. Mais il faut d’abord et avant tout redonner à la FPJQ l’unité et la crédibilité nécessaires à la poursuite de son mandat. Sans cette sérénité retrouvée, le contexte ne se prête pas à un débat d’une telle importance.
Brian Myles: (…) Si on regarde à travers les âges, ce ne sont pas les conventions collectives, les codes de déontologie ou les chasses gardées qui ont permis aux journalistes de faire du travail de qualité ou de moindre qualité. (…) J’estime que l’on a amplement les outils et les ressources à notre disposition pour faire du travail de qualité aujourd’hui. Ce n’est pas un titre qui va rehausser la qualité de l’information, ça va figer la conception du journalisme.
Trente: Quels sont les principaux problèmes auxquels vous voulez vous attaquer?
François Cardinal: (…) Redonner à la FPJQ sa crédibilité et son pouvoir fédérateur. (…) S’assurer que les salles de nouvelles continuent, malgré les réductions de coûts, d’offrir les ressources nécessaires pour faire un travail de qualité. (…) Protéger le travail des journalistes professionnels en participant activement aux débats sur l’avenir du métier, sur les conditions dans lesquelles il se pratique et sur la distinction entre information et communication.
Brian Myles: On a besoin de retrouver notre voie. On ne doit pas être des témoins passifs (…). On ne peut pas laisser à la seule classe politique ou aux universitaires le soin de définir ce que devraient être les enjeux. Il faut se positionner avec une certaine fermeté sur des enjeux qui nous concernent, sans pour autant s’immiscer dans les conflits de travail. C’est une nuance importante.
Il faut aussi se questionner sur la convergence. (…) Et enfin, je crois que la FPJQ doit voir quelles sont les préoccupations des pigistes, des jeunes journalistes et des journalistes qui évoluent dans l’information locale et régionale.
Trente: La FPJQ représente-t-elle correctement les pigistes?
François Cardinal: Je crois que la FPJQ doit en faire plus pour les pigistes. C’est d’’ailleurs un front que j’ai promis d’ouvrir dans mon programme. Il est aberrant que les tarifs payés aujourd’hui soient, à toutes fins utiles, les mêmes qu’il y a 10 ans! Et cela ne peut être sans nuire à la qualité de l’information. Sans adopter une position «syndicale» sur la question, la Fédération peut donc certainement appuyer certaines revendications des journalistes indépendants et de leur association.
Brian Myles: Ça a toujours été une relation d’amour et de haine. (…) Mais on ne pourra jamais négocier des contrats types à leur place. On ne peut pas devenir une espèce de médiateur entre les entreprises de presse, les éditeurs et les pigistes. (…) On peut bonifier la formation, multiplier les parrainages… Bref, on a un devoir d’accompagnement. Mon intention n’est pas d’instrumentaliser la FPJQ à des fins syndicales.
Les programmes des deux équipes sont disponibles sur le site de la FPJQ.
Les réponses de M. Myles ont été obtenues au cours d’un entretien téléphonique. M. Cardinal a été joint par courriel.


Janvier 2011
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Voilà le nouveau lien pour voir le programme de Brian Myles:
http://www.fpjq.org/index.php?id=single&tx_ttnews%5Btt_news%5D=6432&tx_ttnews%5BbackPid%5D=1&cHash=3d79af617d
Et voilà celui de François Cardinal:
http://www.fpjq.org/index.php?id=single&tx_ttnews%5Btt_news%5D=6422&tx_ttnews%5BbackPid%5D=1&cHash=a46281cd6d
Ils n’étaient pas disponibles au moment de la mise en ligne du dernier article.