Couvrir Haïti en région
Avec le séisme qui a frappé Haïti, les grands médias ont envoyé leurs «gros joueurs» sur place pour couvrir chacune des facettes de la tragédie. Qu’en est-il des médias régionaux?
Les médias de la Mauricie et du Centre-du-Québec, qui sont loin de Port-au-Prince mais aussi de la communauté haïtienne concentrée à Montréal, ont eu le réflexe d’isoler des cas pour parvenir à écrire une nouvelle qui réunissait à la fois les critères d’actualité et de «régionalité». « Il faut démontrer aux gens que ça se passe peut-être à l’autre bout du monde, mais que c’est dans notre cour également », analyse Paule Vermot-Desroches, du Nouvelliste.
L’accent est donc mis sur des gens de la région, comme Ginette Gauvreau, qui tente de contribuer à améliorer la situation à Haïti, ou encore sur des personnes qui vivent le drame à leur façon, comme dans le cas de Claude Bélizaire ou de ces coopérants qui revenaient d’une mission humanitaire présentés dans Le Courrier Sud, dans la région de Bécancour et Nicolet.
Cette tendance à partir du général vers le particulier est essentielle, selon la journaliste Vermot-Desroches: «Les événements internationaux touchent le Québec au complet. Il nous faut illustrer comment ce drame se répercute chez nous, comment il touche les gens d’ici.»
La «régionalisation» de l’information trouve encore davantage sa raison d’être dans des drames comme celui d’Haïti, d’après Éric Lallier, aussi reporter au Nouvelliste. « Chez nous, on peut avoir l’impression que ce qui se passe là-bas se règle. C’est pourquoi la seule façon de savoir si c’est exact, c’est de vivre la situation à travers nos gens. »


Janvier 2011
Loading