Haïti : la page est tournée?
Ça devait arriver, et ça s’est peut-être passé ce matin : les médias commencent à tourner la page sur Haïti, à tout le moins à faire la manchette avec d’autres sujets. Ce matin, Radio-Canada ouvrait son Radiojournal de 8h avec le discours de l’état de l’Union, suivi de la conférence sur l’Afghanistan, à Londres. Haïti arrivait troisième.
La une de La Presse fait aussi la belle part à Obama, et est coiffée de Steve Jobs avec son nouveau iPad. Haïti n’est plus qu’une nouvelle parmi tant d’autres. C’est aussi le cas pour la première page du Devoir. Le Journal de Montréal a de son côté relégué les nouvelles sur Haïti à l’intérieur pour un deuxième jour de suite, de même que Métro.
Ce qui amène à reposer l’éternelle question : quand les médias doivent-ils se détacher d’un sujet qui se continue dans le présent, surtout quand il s’agit d’une tragédie et qu’ils servent alors autant à informer qu’à susciter une certaine réponse de la population?
Il faudrait peut-être le demander aux Africains…

Juin 2010
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Encore une analyse brillante et éclairante du grand Patrick Déry. Pourquoi l’illuster par le JdeM en lock-out, oui, en lock-out depuis un an Patrick? Un an. Une autre fois? Un an Patrick. Le JdeM n’est pas un journal normal en ce moment…Mais bon, notre intellectuel n’y voit que du feu. Bravo Patrick.
Martin,
Le Journal est en lock-out, mais il reste un média d’information que des centaines de milliers de québécois consultent chaque jour, malheureusement.
Ce billet porte sur le traitement d’Haïti à la une des journaux ce matin. Je voulais l’illustrer avec un média qui ne parle pas d’Haïti à la une. C’est tout.
Si tu penses que ça fait de moi un grand fan de Quebecor, et de sa façon de traiter l’information et ses journalistes, tu te mets le doigt dans l’œil jusqu’à une partie que je ne peux pas nommer.
Enfin, pour ce qui est de ma sensibilité personnelle à ce sujet, je t’invite à relire les multiples références sur ce blogue ou dans les éditions papier du Trente au cours des derniers mois (dont les deux derniers et le prochain), qui ont souligné le travail accompli à Rue Frontenac ou la façon dont Le Journal de Montréal s’est appauvri sans ses journalistes.
Comme je l’ai déjà dit précédemment, j’espère qu’on est encore capable de discuter dans ce milieu à coups d’idées et non d’insultes, sans attribuer de la mauvaise foi aux points de vue qui ne sont pas les nôtres.
Heureusement, la plupart de tes collègues en sont capables.
@ Patrick: Tu devrais tout de même souligner qu’il est en lock-out. Ton billet dans la dernière livraison du Trente ne le mentionne pas.
C’est vrai. Je commence à prendre pour acquis que la plupart des gens qui s’intéressent à l’actualité des médias sont au courant.
Je mentionne tout de même Rue Frontenac en fin de billet. On a aussi un bilan de la première année de Rue Frontenac quelques pages plus loin, avec JF Codère et Fabrice de Pierrebourg. Et on parle enfin du livre que tu as cosigné avec ta collègue Isabelle Maher.
Disons que je n’ai pas l’impression que Rue Frontenac est sous-représenté dans nos pages, ou que nous essayions de cacher son existence.
[...] 2010 · Laisser un commentaire Cette semaine, les médias ont commencé a tourné la page. Les Une des journaux ne sont plus consacrés à Haïti depuis le 28 janvier. Ça devait arriver un [...]