« Nos experts » aux Jeux olympiques

Mardi 9 février 2010
Par Patrick Déry

2010-02-09-ExpertsLa publicité ci-contre a été prise dans Le Journal de Montréal du 8 février. On y fait la promotion de la couverture des Jeux olympiques, qui débuteront dans quelques jours, sur les différentes plateformes de Quebecor.

On peut se questionner sur l’utilité de la chose – lorsque les Olympiques commenceront, il sera impossible d’y échapper, peu importe le média – mais jusque-là c’est correct.

On s’arrête ensuite à la mention « Nos experts sur place », sous laquelle figurent les portraits des cinq représentants du Journal – des cadres – qui seront à Vancouver pendant les Jeux :

  • Avant le lock-out, Danny Vear était le patron de la section Votre Argent. Il a déjà été chef de pupitre aux sports.
  • Stéphane Alarie a fait sa marque aux faits divers et en tant que journaliste d’enquête. Il fut d’ailleurs co-récipiendaire d’un prix Judith-Jasmin en 2008.
  • Martin Chevalier est devenu photographe de presse à la faveur du lock-out. Il avait auparavant un rôle de supervision des photographes.
  • Denis Poissant était le directeur de la section des sports, tandis qu’André Cyr était son adjoint. Il a aussi été chef de pupitre aux sports.

Dans presque tous les cas, il s’agit de journalistes d’expérience (un chef de pupitre, c’est aussi un journaliste), mais avec assez peu d’expérience de terrain aux sports, sauf depuis le lock-out.

Question : Est-ce qu’on ne trompe pas les lecteurs en les présentant comme des « experts »?

Richard Garneau est un expert. Claude Quenneville est un expert. Alain Goldberg est un expert. Jean-Luc Brassard est un expert. Même Annie Pelletier, qui n’a pas d’expérience des jeux d’hiver mais qui a tout de même fait compétition au plus haut niveau, est une experte. Mais Alain Gravel et Fabrice de Pierrebourg, par exemple, ne le seraient pas, si compétents journalistes qu’ils soient.

Les Jeux olympiques sont un monde en soi. Il y a une quinzaine de disciplines aux jeux d’hiver, la plupart comportant plusieurs catégories d’épreuves. 80 pays sont représentés, et encore plus d’athlètes : plus de 5500 en tout, dont 206 pour la seule délégation canadienne. Et, soyons honnêtes, à part une fois aux quatre ans et l’occasionnel podium canadien, les disciplines sportives présentées lors des jeux sont reléguées loin derrière le hockey. Lorsque les journaux locaux s’y intéressent, c’est généralement par le biais de dépêches d’agences.

Certainement qu’un généraliste peut faire une couverture honnête des jeux en y mettant un minimum de préparation et d’efforts. Mais de là à le présenter en faire la promotion comme « expert », c’est pousser le bouchon un peu fort.

Et ce n’est certainement pas la meilleure façon de renforcer la crédibilité des journalistes en général.

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Un commentaire sur “« Nos experts » aux Jeux olympiques”

  1. Est-ce que trente.ca a eu raison des “experts” du JdeM? En tout cas, ce matin, ils étaient dorénavant présentés comme une “équipe”. :)

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