Le Devoir fait l’éloge de la lenteur
«Les journalistes ne sont plus les témoins officiels des événements.» Ce dur constat pour ceux dont le métier est justement de rapporter l’actualité a été énoncé par Bernard Descôteaux, directeur du Devoir. S’exprimant jeudi dernier à l’occasion du colloque Le Devoir : la quête de sens à l’heure du Web 2.0 organisé par le quotidien de la rue De Bleury, M. Descôteaux a précisé sa pensé en affirmant que les journalistes doivent aujourd’hui «pouvoir dépasser le compte-rendu de la nouvelle, aller au-delà de l’événement».
Impossible de nier que de nos jours, «l’information est partout, et est gratuite», a poursuivi le directeur du Devoir, qui estime que si le domaine vit une «période de mutations très profondes», ce sont les jeunes qui poussent pour transformer la presse écrite.
Josée Boileau, directrice de l’information du Devoir, a repris les propos de Bernard Descôteaux, soulignant l’importance du journalisme d’analyse effectué par son journal. Et la vitesse de transmission de l’information par les canaux numériques, dans tout ça? «Il faut accepter les délais de vérification de l’information, c’est peut-être ce qui va sauver le journalisme écrit», explique Mme Boileau. Face à la vitesse effrénée du Web, la lenteur se présenterait en solution pour les médias traditionnels.
Discours légèrement différent du côté de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et de son président Brian Myles; pour lui, les jeunes reporters ont désormais l’occasion de prendre des risques et de développer de nouvelles-plateformes. La tâche est pressante, car il y a «péril en la demeure».
Assisterons-nous alors à un mélange des genres, soit une multiplicité des lieux de diffusion d’une information fouillée et réfléchie?
Étaient également présents à ce colloque Roland-Yves Carignan, Antoine Char, Lisa-Marie Gervais et François Desjardins, tous actuellement employés ou anciens salariés du Devoir. Le tout se déroulait au Cœur des sciences de l’UQAM.


Janvier 2011
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