Redevances: Le CRTC commet une erreur, estime le SCRC
Le CRTC a décidé la semaine dernière que les télés privées et généralistes pourraient dorénavant exiger des redevances aux consommateurs, ce qui a soulevé la consternation du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) et de son président, Alex Levasseur.
«Ce qui pose problème, c’est que le CRTC semble traiter les télés privées et publiques différemment, ce qui crée deux mondes dans un milieu de télé qui est devenu très très concurrentiel», lance d’entrée de jeu le président, rejoint au téléphone par le Trente. «Le CRTC, bien sûr, ne tient pas compte de la préoccupation dont le gouvernement lui avait fait part concernant le consommateur», ajoute M. Levasseur.
Le président du SCRC s’inquiète pour l’avenir de Radio-Canada à moyen et à long terme puisque, croit-il, ce genre de décision pourrait nuire fortement au futur du diffuseur public. «Ce que l’on comprend de cette décision du CRTC, c’est que la programmation de la SRC et de la CBC ne valent pas de l’argent, contrairement aux télés privées comme TVA et CTV et ça, c’est monnayable, ce qui est insultant», poursuit Alex Levasseur.
Les stations de Radio-Canada, francophones et anglophones, dépensent annuellement 650 millions $ pour produire du contenu canadien, ce que ne font pas toutes les autres stations privées au pays. Les efforts faits pour présenter du contenu «d’identité canadienne» devraient, eux aussi, être récompensés, selon M. Levasseur. «On se questionne sur la direction que le CRTC veut faire prendre à la télévision canadienne. On dirait qu’il ne comprend pas», soupire le président.
Une question de qualité
Les coupures du gouvernement Harper, jumelées à cette décision du Conseil, font que la qualité diminue de façon assez importante, soutient le grand manitou du Syndicat des communications. «Au lieu d’augmenter, la qualité diminue, même si on retrouve désormais plusieurs plateformes, le contenu lui, n’est pas meilleur, la qualité empire», juge-t-il. «Internet est venu brouiller les cartes pour les revenus publicitaires, la tarte est davantage divisée», ajoute Alex Levasseur.
Selon lui, il est impératif de ramener une qualité de télévision canadienne et québécoise pour éviter que les consommateurs se tournent vers les séries américaines qui sont déjà très – et peut-être trop – présentes sur les chaînes généralistes et spécialisées. «Les chaînes n’ont plus le choix, elles n’ont plus les moyens de produire, alors elles achètent des séries américaines», explique l’interviewé.
Le budget fait foi de tout
Le portefeuille de Radio-Canada contient 1,7 milliard $, un montant qui n’a jamais été aussi bas depuis 1993, ce qui occasionne plusieurs questionnements pour joindre les deux bouts. Alex Levasseur prétend qu’il manque environ 300 millions $ à son employeur pour suffire à la demande.
«Forcément, il y aura des décisions dramatiques à prendre et elles ont déjà commencé. On a pu le voir l’an dernier lorsque la SRC a coupé 800 postes et épargné 175 millions $.»
À suivre.


Janvier 2011
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