Achat des journaux de Canwest : entre soulagement et questionnement
Des soupirs de soulagement, mais aussi bien des questions, se dégagent des réactions qui ont fait suite au rachat annoncé hier des 46 journaux de Canwest Global Communications par un groupe composé de plusieurs créanciers de la société Canwest Limited Partnership.
Du côté syndical, la nouvelle semble plutôt bien accueillie, notamment par la Communications Workers of America, qui représente plus de 800 travailleurs dans cinq des quotidiens de Canwest. «C’est avec beaucoup de soulagement que nos membres et autres employés ont appris aujourd’hui que les nouveaux propriétaires assumeront la responsabilité de toutes les prestations et de toutes les pensions pour les travailleurs toujours actifs et ceux qui sont à la retraite», indique le président du syndicat, Arnold Amber, peut-on lire dans les articles de Radio-Canada et de La Presse canadienne.
«À Montréal, les quelque 250 syndiqués du quotidien The Gazette pourront enfin espérer voir évoluer leur situation. Depuis l’annonce de l’insolvabilité de Canwest, ils ont dû faire face à une restructuration de leur journal. Ils sont, par ailleurs, sans convention collective depuis deux ans», écrit Marie-Noëlle Reyntjens sur le site Branchez-vous!. Même son de cloche du côté de la chaîne Argent. Selon Stéphane Malhomme, «Irwin Block, porte-parole de la guilde des employés des journaux de Montréal représentant 230 employés de la Gazette (…) semblait néanmoins rassuré».
Au Globe and Mail, une réaction plus mitigée. On s’interroge entre autres sur la valeur de la transaction et des journaux qui changent de mains. Les investisseurs obtiendront-ils un retour sur leur investissement? Dirigé par le président du National Post Paul Godfrey, le groupe d’acheteurs devrait débourser 950 millions de dollars en espèces pour la transaction, évaluée à 1,1 milliard de dollars au total. Paul Godfrey, 71 ans et ancien directeur de Sun Media, sera nommé président directeur général de la nouvelle société.
Même questionnement sur le blogue de Sophie Cousineau chez Cyberpresse. «Les journalistes du quotidien montréalais The Gazette qui rêvaient de se joindre au groupe Torstar, éditeur du quoditien Toronto Star, vont être déçus», fait-elle d’abord remarquer. Et l’article de conclure sur un ton plutôt sceptique : « Certes, il n’y aura plus d’éditoriaux nationaux écrits depuis Winnipeg. Mais comment est-ce que Paul Godfrey réussira à ramener cette chaîne à la rentabilité, là où lui, ses collègues et leurs prédécesseurs ont échoué? Cela reste à voir. L’ancien grand patron des Blue Jays de Toronto est invariablement dépeint comme un homme d’affaires tenace. Il aura bien besoin de quelques balles à circuit ».
Dans le Financial Post, M. Godfrey se fait évidemment optimiste, affirmant n’avoir jamais été dans le camp de ceux craignant la disparition des journaux. Il souhaite voir ses revenus en provenance des plateformes numériques passer d’une part de 8 ou 9 % à environ 25 %. Cette hausse, combinée à la stabilisation des revenus provenant de l’imprimé, devrait mener l’entreprise à des jours meilleurs, assure-t-il.
Voir aussi:
Le communiqué de CanWest


Janvier 2011
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