Le syndicat de TVA explique sa position à ses membres

Vendredi 21 mai 2010
Par Marc-André Pelletier

TVALe syndicat de TVA a remis jeudi à ses membres une lettre ouverte précisant sa position devant le dernier geste de la direction de l’entreprise. Le  site Internet lesaffaires.com rapportait en exclusivité mercredi que la direction de TVA avait abandonné ses revendications et proposé à ses employés de reconduire pour trois ans la convention collective.

Cette dernière reconduite, l’ensemble des employés de la chaîne de télé généraliste se seraient vu accorder des augmentations salariales variant entre 1,5 et 3%. Aussitôt déposée, cette offre a été balayée du revers de la main par le Syndicat des employés de TVA, dont le comité chargé de négocier a qualifié la proposition «d’indécente».

«Rappelons-nous que le statu quo est en deçà de ce qui est acceptable si l’on veut maintenir nos emplois dans l’avenir, peut-on lire dans la lettre envoyée aux syndiqués jeudi. Des changements technologiques majeurs ont lieu depuis plusieurs années et sont toujours en cours. [...] Ainsi, sans modernisation de la clause juridiction de notre convention, il n’y a pas de vrai engagement de TVA envers nous et des dizaines d’emplois pourraient s’envoler en fumée. D’autre part, l’organisation du travail est déficiente et nous ne voulons pas oeuvrer dans un environnement où la précarité devient la norme.»

Dans un communiqué, le syndicat affirme sentir que la direction désire «se débarrasser de la négociation rapidement, tout en ignorant la totalité de nos (ses) préoccupations».

Un revirement important
Alors que la menace d’un lock-out commençait à faire son petit bonhomme de chemin – le syndicat des employés de TVA avait quitté la table des négociations le 10 mai dernier, mais y était retourné le 12 – la direction réclamait jusqu’au 19 mai de nombreux changements dans la convention collective, principalement en ce qui a trait à la flexibilité des horaires. Quebecor chercherait, par ces mesures, à réduire ses coûts d’opération.

La sourde oreille
La partie syndicale estime que Quebecor détourne des véritables enjeux les discussions sur le renouvellement du contrat de travail, elle qui demande la diminution de la précarité d’emploi (42% des travailleurs de l’entreprise n’ont qu’un statut temporaire selon lesaffaires.com). Le Syndicat réclame aussi l’inclusion de nouvelles plateformes dans la juridiction de la convention, «pour qu’elle ne devienne pas caduque».

L’organe représentant les salariés croyait même que Quebecor s’apprêtait, à l’heure de briser les négos, à remplacer les employés par des cadres. Cet élément n’a pu être confirmé par le Trente.

Une agence qui dérange… une façon de faire aussi
Les artisans de la chaîne craignent l’entrée dans les salles de nouvelles de l’agence QMI, propriété du groupe Péladeau, qui semble-t-il, fait épargner plus de sept millions à l’entité médiatique par rapport à ce qui était payé à La Presse canadienne. «Il faut garantir l’indépendance des salles de nouvelles par rapport aux sources extérieures, entre autres l’agence QMI», soutient le syndicat dans la lettre envoyée à ses membres.

La convention collective est échue depuis un peu plus de quatre mois et demi.

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