Négos au Soleil : « Ça avance. Pas vite, mais ça avance »

Lundi 27 septembre 2010
Par Marianne Chouinard

Le SoleilLe 11 septembre dernier, l’éditeur et président du Soleil, Claude Gagnon, publiait une lettre dans son quotidien demandant la « mise à niveau » des conditions de travail de ses employés de la salle de nouvelles. Baptiste Ricard-Châtelain, président du syndicat des journalistes du Soleil, fait une mise au point sur où en sont les négociations et réagit à la missive de Claude Gagnon.

Trente: Comment avez-vous réagi à cette sortie publique?
Baptiste Ricard-Châtelain:
C’est un geste qui nous a d’abord surpris, mais qui est surtout inacceptable et déplacé, sans compter que c’est illégal. Nous n’avons pas donné suite à cela, outre le fait de communiquer avec l’employeur pour lui demander de respecter la loi. On ne comprend pas pourquoi il a utilisé les pages du journal de cette façon. C’est malencontreux et insultant pour les gens qui travaillent ici.

Trente: Devons-nous comprendre que les négociations sont au point mort?
B.R.-C.:
Pas du tout. Ça ne va pas vite, mais ça avance. C’est pour ça que la sortie de Monsieur Gagnon nous a beaucoup surpris. Nous sommes actuellement en pause, puisque les négociateurs patronaux sont au Saguenay pour négocier avec les membres du Quotidien. Nous allons ensuite reprendre de façon plus intensive en octobre.

Trente: Le passage à la semaine de cinq jours est-il le principal point d’achoppement ?
B.R.-C.: L’employeur nous aussi 0% d’augmentation sur trois ans. Dans une entreprise qui est extrêmement rentable comme le Soleil, c’est inacceptable. De plus, Power Corporation nous demande d’adopter des clauses orphelines, notamment au niveau du fond de retraite. C’est une pratique discriminatoire qui ne semble pas à la hauteur d’une compagnie comme celle-là. Nous n’accepterons jamais de faire ça.

Il est hors de question pour nous d’accepter des reculs sur des éléments fondamentaux de la convention collective. Les perceptions de la population sont peut-être faussées, parce que des reculs ont été infligés dans plusieurs grands quotidiens qui étaient extrêmement endettés, notamment aux États-Unis. Les journaux au Québec sont extrêmement rentables. On parle de millions de dollars de profit par année. Au Soleil, un quotidien qui est très rentable, l’employeur a coupé presque 25% de l’effectif à la rédaction en deux ans. Notre part, nous l’avons donnée.

Trente: Est-ce toutefois réaliste de maintenir la semaine à quatre jours ?
B.R.-C.: Si on remonte dans l’histoire, ce sont les employeurs qui ont implanté les semaines de quatre jours. Au Soleil, c’était l’employeur qui voulait à cause de la réalité du travail des journalistes. Ça rendait la gestion de la salle de rédaction vraiment plus simple.

Trente: Est-ce que la solution serait de faire comme au Journal de Québec, où seulement les nouveaux sont à cinq jours, alors que les anciens conservent leur semaine de quatre jours, mais avec plus d’heures ?
B.R.-C.: Les pratiques discriminatoires ne sont pas à notre agenda.

Trente: Qu’advient-il du front commun qui avait été formé avec les autres journaux de Gesca?
B.R.-C.:
Les canaux de communications sont toujours en place. On se parle régulièrement entre les différents syndicats. Ce ne sont pas tous les membres qui ont réglé leurs ententes. Il reste nous au Soleil, Le Droit à Ottawa et La Tribune à Sherbrooke. Au Saguenay, une partie de la rédaction du Quotidien est réglée, mais les autres unités syndicales n’ont pas réglé leurs ententes.

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