Face à face Lisée-Patriquin : compte-rendu

Jean-François Lisée et Martin Patriquin (Photo: Radio-Canada)
Jean-François Lisée et Martin Patriquin ont croisé le fer dimanche soir à l’émission Tout le monde en parle diffusée à la télévision de Radio-Canada. Le journaliste de Maclean’s a encore une fois défendu son article controversé sur le Québec. Il a profité de cette tribune pour réaffirmer que l’écriture de ce texte discutable était son initiative personnelle et qu’il n’avait reçu aucune commande de la part de patrons pour l’écrire.
Arborant fièrement un t-shirt portant l’inscription «Don’t fuck with Québec Tabarnak», Martin Patriquin a répété qu’il assumait totalement la couverture de l’édition du Maclean’s, une couverture qui «frappe fort, comme à chaque semaine». Dans son article, il parle de la classe politique et non des Québécois, a-t-il dit. «La plupart des scandales qui se sont passés [au Canada], c’est au Québec», a-t-il ajouté. «C’est juste faux! (…) La démonstration reste à faire qu’il y en a plus ici que dans le reste du Canada», a rétorqué le chroniqueur de L’actualité.
M. Lisée a tenu des propos très durs à l’endroit du travail journalistique de M. Patriquin. «C’est quand même assez grave parce qu’affirmer ça [que le Québec est la province la plus corrompue au Canada] sans méthodologie, c’est une faute professionnelle grave. Du mauvais journalisme il y en a plein, il y en a tout le temps», a-t-il tranché. Lorsque M. Patriquin a exprimé son désaccord, «J’espère que tu n’es pas d’accord», a répliqué M. Lisée, provoquant ainsi des rires dans l’auditoire.
En regardant la couverture pour la première fois, Jean-François Lisée a tout d’abord souri en pensant qu’il s’agissait d’un article sur le gouvernement Charest et les problèmes actuels de la corruption. Il admet avoir été choqué par la chronique d’Andrew Coyne, qu’il continue de qualifier de xénophobe. «Là où je dis que c’est un article xénophobe, surtout celui d’Andrew Coyne, c’est lorsqu’on pointe un problème réel et majeur qui est celui de la corruption au Québec, en ce moment, et de dire que non seulement c’est un problème majeur, mais que c’est dans la pathologie de l’existence du Québec de « sécréter » de la corruption. Ça fait partie de leur façon d’être politiquement.», s’est indigné M. Lisée. Un qualificatif que n’a pas apprécié le journaliste du magazine anglophone, qui est né à Montréal.
C’est le même propriétaire, Rogers, qui possède les deux magazines «d’où la plus grande frustration, pour ne pas dire colère, de l’équipe de L’actualité, sachant qu’un article comme celui-là sortait dans la famille Rogers», selon M. Lisée.
Pas l’affaire des parlementaires
M. Patriquin et M. Lisée s’entendent toutefois pour dire qu’il ne relève pas des parlementaires de se prononcer en chambre contre un article, «aussi inepte soit-il», selon M. Lisée. «Ce n’est pas le rôle des parlementaires de voter sur la liberté d’expression, quelle qu’elle soit.»
M. Lisée et M. Patriquin ont tous les deux dénoncé la demande d’excuses de M. Charest au Maclean’s. «Une tentative de récupération politique», selon M. Lisée, qui identifie Jean Charest comme étant la cause principale qui a mené à la production de cet article sur la corruption au Québec, puisqu’il refuse de créer une commission d’enquête sur la construction. «M. Charest a dit dans sa lettre qu’on devrait présenter des excuses à tous les Québécois. M. Charest, avec tout mon respect, devrait se taire. 80 % des Québécois veulent une commission d’enquête sur la construction. Des francophones nous ont écrit en anglais et en français pour appuyer ce qu’on a fait. 80 % des Québécois sont en colère contre leur gouvernement. C’est épouvantable», a tonné M. Patriquin.
Également invitée à l’émission, Nathalie Normandeau, vice-première ministre du Québec, a affirmé que le gouvernement s’attendait toujours à ce que le Maclean’s s’excuse. «Vous avez eu votre réponse», a conclu M. Patriquin.


Janvier 2011
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Je veux bien croire que Jean-Francois Lisée a toute les raisons du monde à être scandalisé par l’article de Patriquin, qui relève selon moi plus du pamphlet que du journalisme. Mais Lisée en menait un peu trop large à l’émission, en portant à la fois son chapeau de journaliste, chroniqueur, militant indépendantiste, et ex-employé politique d’un gouvernment péquiste.
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