Joël Legendre et Le Journal de Montréal

Samedi 30 octobre 2010
Par Marianne Chouinard

Mercredi, Le Journal de Montréal publiait en page A2 un article, signé Marc Pigeon,  relatant les démêlés judiciaires entre l’animateur Joël Legendre et son ancien gérant, Luc Myre. L’article a suscité plusieurs réactions dans les médias, ainsi que dans les réseaux sociaux. Plusieurs s’interrogent sur la pertinence de publier un tel texte sur la vie privée d’une personnalité publique, d’autant plus que celle-ci doit subir un « coming out » malgré elle.

L’article révèle d’entrée de jeu que Joël Legendre partageait sa vie avec son ancien gérant. Par contre, jusqu’à ce jour, l’animateur n’avait jamais révélé publiquement son orientation sexuelle. Certains s’étonnent de l’apprendre, alors que d’autres parlent de secret de Polichinelle. Il demeure que l’on peut remettre en question l’intérêt de divulguer de tels détails sur sa vie privée.

Patrick Lagacé, dans son blogue sur Cyberpresse, considère que Marc Pigeon n’a que fait son travail. « Donc, Marc couvre le « judiciaire ». Et il tombe sur cette poursuite. La poursuite est publique. Elle n’est pas frappée d’un interdit de publication. Les faits sont publics. Le journaliste a fait son job: il a rapporté ce qui se trouvait dans la poursuite. Les médias font ça. Et pas juste le JdeM », écrit-il.

Peut-on considérer la publication de cet article comme une « vengeance » envers l’animateur qui a quitté TVA pour animer Paquet voleur à Radio-Canada ? Cela reste à prouver. Et si Joël Legendre était encore sur les ondes de TVA, l’article aurait-il révélé autant de détails ? Aurait-il même été publié ? Lagacé soulève la question des apparences dans son billet : « Ce que je sais, c’est que si le JdeM tapait sur TVA, de temps en temps, peut-être que moins de soupçons de job de bras pèseraient sur le journaliste et sur le journal dans cette affaire. »

Tout en rappelant qu’en « 2010 une personne exerçant un métier public doit raisonnablement s’attendre à voir ses déboires judiciaires étalés dans les médias », Marc Cassivi, aussi de La Presse, avance dans une chronique publiée jeudi, que le « dérapage ne se trouve pas tant dans la nature de la nouvelle que dans son traitement. » Selon lui, Marc Pigeon « a transgressé une règle non écrite en dévoilant publiquement, sans son consentement, l’homosexualité de cet animateur qui n’a rien demandé. »

Steve Proulx a parlé à Marc Pigeon pour le site Yahoo! Québec : « Mon travail, c’est de rapporter ce qui se passe devant les tribunaux, se défend-il. Je suis tombé sur ces deux requêtes [qui sont publiques] et je m’en suis tenu à ce qu’il y avait dans ces procédures », a-t-il dit lors de l’entrevue. À propos du règlement de compte, il a ajouté « Est-ce que parce que Joël Legendre était [auparavant] à TVA, il aurait fallu que je prive mes lecteurs de ces informations? On a déjà parlé de plein d’autres vedettes aux prises avec des démêlés judiciaires. »

Sur Twitter, les réactions ont été nombreuses dans les heures qui ont suivi la parution de l’article du Journal de Montréal. Hugo Dumas, chroniqueur télé à La Presse, va plus loin que les simples soupçons de Patrick Lagacé en ce qui concerne les « liens » unissant TVA et Le Journal de Montréal : « L’empire contre-attaque. Remplacez la photo du transfuge Joël Legendre par un artiste gai de TVA et jamais le papier ne passe dans le JdeM. »

Plusieurs autres réactions semblables ont fusé sur Twitter. Une courte recherche sur le site de microblogage avec « Joël Legendre » et « JdM » montrent rapidement les nombreux appuis à l’animateur, ainsi que les nombreuses réactions négatives envers Le Journal de Montréal. Certains ont même réclamé la démission du journaliste. D’autres ont rappelé qu’en tant que personnalité publique il faut s’attendre à ce que des détails de notre vie privée se retrouvent publics. C’est le cas de Richard Martineau, chroniqueur au Journal de Montréal, qui a écrit sur le Twitter : « « Affaire » Joël Legendre: quand tu poursuis ton ex, tu acceptes implicitement que les détails de ta vie privée deviennent publics! »

Le lendemain de la parution de l’article titré « Rupture difficile pour Joël Legendre », Le Journal de Montréal publiait une « mise au point », signée cette fois La Direction. Il y est entre autres mentionné que « Le Journal de Montréal s’en est pourtant tenu aux stricts faits et allégués contenus dans deux poursuites judiciaires, sans rien ajouter, faisant même preuve de réserve étant donné la nature de certaines affirmations faites dans les procédures. »

La Direction du Journal de Montréal a aussi rappelé que Joël Legendre était une personnalité publique et que cela comportait des avantages, mais aussi des inconvénients, notamment « lorsqu’une partie de sa vie ou de ses affaires devient judiciarisés, donc publique ». Et, toujours selon La Direction, « plus une personnalité est publique, plus ses démêlés judiciaires sont d’intérêt pour le public qui la suit, l’admire et, bref, lui permet de vivre de sa popularité ». Elle se défend également de ne jamais avoir fait distinction en fonction de l’âge, de la race ou de l’orientation sexuelle. Et ajoute : « Dans ce cas-ci, les parties n’ont pas manifesté l’urgence de protéger leur identité, alors qu’elles auraient facilement pu le faire depuis un bon mois. »

Joël Legendre sera à Tout le Monde en parle dimanche soir.

Tags: ,

5 commentaires sur “Joël Legendre et Le Journal de Montréal”

  1. [...] faire suite à la controverse (zzzzz…) de la semaine, au coming out « forcé » et au passage à Tout le monde [...]

    • Nicole Richard

      Lâche pas mon Joël, on t’aime comme tu es……. Pour moi, il n’y a aucune différence, je t’aimais avant et je t’aime encore autant…… Bonne chance!

    • joel ça fait longtemps que je te suis, je t’ai vu au Big bazar à trois-rivières,¸a été tout simplement fantastique, je t’ai toujours aimé , tu es un gars tout simple et accessible bonne chance. France

Laisser un commentaire