«Le même conflit pourrait se produire à La Presse ou au Devoir» – Alec Castonguay
Le nerf de la guerre dans le conflit au Journal de Montréal, ce sont les dispositions anti-briseurs de grèves telles qu’elles sont présentement formulées dans le Code du travail du Québec, selon Alec Castonguay, président du Syndicat de la rédaction du Devoir, un des syndicats signataires de la coalition qui a récemment sommé la Caisse de dépôt d’intervenir afin de mettre fin au lock-out au Journal.
«Il ne faut pas se le cacher, une des raisons pour lesquelles le conflit est aussi long, c’est parce que le Code du travail est désuet. La dernière fois que le Code a été modifié, les journalistes travaillaient à la dactylo et avec des téléphones à cadran!», lance Alec Castonguay. «La loi anti-briseurs de grève n’a plus de mordant si tu peux faire faire le même travail à l’extérieur de tes bureaux. Ça touche le milieu des médias directement! C’est au gouvernement de changer les dispositions du Code s’ils ne veulent pas avoir d’autres conflits qui durent deux ans, sinon la même chose pourrait se produire à La Presse, au Devoir ou ailleurs.»
La concentration de la presse préoccupe aussi la coalition, qui s’inquiète du pouvoir qu’aurait Quebecor si cette dernière décidait de faire passer une idéologie politique ou commerciale. Selon Alec Castonguay, une commission parlementaire sur le sujet permettrait de trouver des solutions pour minimiser l’impact de cette concentration et prévenir d’autres conflits. «La mainmise de Quebecor sur les médias au Québec est tellement grande qu’il y a une grande partie de la population qui ne sait même pas qu’il y a un conflit au Journal de Montréal. La puissance de Quebecor fait en sorte qu’elle est capable de contrôler l’information, y compris concernant ce conflit-là. Ça donne une idée du danger qu’il y a quand une personne contrôle autant de médias.» La FPJQ a également appuyé l’idée de la tenue d’une commission parlementaire à cet effet.
Trois représentants de la coalition des professionnels de l’information qui a fait paraître une lettre ouverte en début de semaine dernière ont rencontré Michael Sabia, président de la Caisse de dépôt, mercredi dernier en huit clos.
Lors de la rencontre d’une heure avec le président et deux autres dirigeants de la Caisse, Alec Castonguay, Réjean Beaudet, président du Syndicat des employés de TVA, et Charles Côté, vice-président du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse, leur ont fait part des préoccupations du regroupement. «On leur a passé le message de la coalition, c’est-à-dire que le conflit au Journal de Montréal a de grandes répercussions pour la profession. Ils ont été sensibles à nos arguments, ils nous ont écoutés, on a senti une réceptivité. Maintenant, on ne s’attend pas à ce que ça donne des résultats demain matin», affirme M. Castonguay.


Janvier 2011
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