Joël Legendre se réconcilie avec Le Journal de Montréal
«Une semaine après la parution de cet article, qui a dévoilé publiquement mon homosexualité, je dirais que ce fut somme toute une bonne chose. Je me sens encore plus libre. Je vois beaucoup plus de positif que d’éléments négatifs dans cette histoire-là. La vie est bien faite.» Difficile de croire que cette citation provient de la bouche même de l’animateur Joël Legendre, qui aura réussi à confondre les plus sceptiques en accordant une entrevue, publiée ce matin dans Le Journal de Montréal.
C’est que quelques jours plus tôt sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle, le meneur de jeu de Paquet voleur, en furie, s’était dit « paralysé » après avoir lu l’article du journaliste Marc Pigeon qui relatait les déboires judiciaires de l’animateur avec son ex-conjoint et qui révélait de fait son orientation sexuelle, un élément de sa vie privée qu’il n’avait jamais déclaré au grand jour.
Le transfuge du réseau TVA affirmait éprouver des sentiments de dégoût allant même jusqu’à dire qu’il « ressentait probablement ce qu’on vit quand on est violé ». Il en a rajouté en qualifiant l’article de « torchon », écrit par « un gars qu’il ne peut pas qualifier de journaliste ».
Or, la réconciliation semble aujourd’hui entière entre le Journal de Montréal (Quebecor?) et Joël Legendre, même si l’épisode des derniers jours « l’a ramené à la douleur de [sa] petite enfance… le petit gars différent sur la ferme de ses parents à St-Hyacinthe », a-t-il raconté, « ému ».
Il nuance aussi les propos qu’il a tenus sur le plateau de Guy A. Lepage, afin d’éteindre les flammèches qu’il avait allumées. « C’était surtout le père qui était en colère. On avait mis le nom de mon fils. Mais je n’aime pas la controverse, les guerres inutiles. Ça n’a pas de place dans ma vie. C’était une colère du moment », déclare-t-il au Journal. Celui qui a longtemps été à la barre de l’émission Occupation double, diffusée sur les ondes de TVA, a tenu à rappeler qu’il avait toujours eu « un respect pour Le Journal de Montréal et la presse en général ».
Michelle Coudé-Lord, qui signe l’entrevue, précise dans son article que «Joël Legendre parle [bien] au Journal de Montréal… et [que] l’entrevue s’est faite tout naturellement, sous l’invitation de son attachée de presse, dans le cadre du lancement de sa biographie gourmande».
La twittosphère s’est embrasée hier soir après que Mathieu Turbide, adjoint au directeur de l’information, eut annoncé l’entrevue sur le réseau social. Bien que Joël Legendre n’a pas pris position dans le conflit de travail au Journal et n’a fait que dénoncer l’article le concernant, certains sont allés jusqu’à qualifier Legendre de « scab », le traitant même de « traître », et se demandant pourquoi il n’accordait pas plutôt son entrevue à l’hebdomadaire Rue Frontenac, qui paraît également le jeudi.
En voyant son entrevue publiée dans les pages du même journal qui avait étalé sur la place publique les détails de sa vie amoureuse, Joël Legendre s’attire les critiques, semble irrationnel, mais s’assure néanmoins de rejoindre le même public-cible, ont répliqué d’autres.
« Samedi, dans le cahier week-end du Journal, Joël Legendre nous parle de ce projet [de livre de recettes]», conclut l’article…Tout s’explique-t-il ?
La Clique du Plateau fait aussi son analyse de l’affaire, avec un peu moins de nuances…
AJOUT : Patrick Lagacé, qui avait défendu son ancien collègue Marc Pigeon, fait aussi sa propre évaluation des motivations de l’artiste.


Janvier 2011
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