L’éditrice du Journal de Montréal répond au Trente
La présidente et éditrice du Journal de Montréal, Lyne Robitaille, réplique au billet du rédacteur chef du Trente sur les dernières offres de la direction à ses employés.
Publié dans notre numéro de novembre, ce texte rappelait qu’après le déclenchement du lock-out, la direction du Journal assurait encore vouloir « augmenter le nombre de journalistes, d’infographistes et de professionnels de l’information au Journal ». Cette affirmation se trouvait encore jusqu’à récemment sur lheurejuste.ca, un site mis sur pied par Quebecor (mais qui est aujourd’hui « temporairement en construction »).
La réponse de Lyne Robitaille nous est parvenue aujourd’hui.
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Le Journal de Montréal et la qualité de l’information
Réponse à Jonathan Trudel
Par Lyne Robitaille
Vice-présidente exécutive, Exploitation, Est du Canada, Corporation Sun Media
Présidente et éditrice du Journal de Montréal
Un argument maintes fois soulevé par le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM) et la CSN et repris par Jonathan Trudel dans un billet publié par le Trente veut que les réductions d’effectifs exigées par la direction du Journal de Montréal mènent inexorablement à une baisse de la qualité de l’information. Cet argument est uniquement soutenu par une logique mathématique qui fait complètement fi de l’évolution de la pratique journalistique, tant du point de vue technologique que de l’organisation du travail.
Quebecor Media, le plus important groupe médiatique au Canada et celui qui emploie le plus grand nombre de ressources journalistiques, se doit de chercher à optimiser le travail des quelque 1 000 journalistes dédiés à la cueillette et à la production d’information. Il nous apparaît contreproductif dans le contexte actuel de la presse écrite de multiplier le nombre de journalistes couvrant le même événement, alors qu’un seul journaliste peut facilement alimenter plusieurs plateformes à la fois, comme le font dorénavant toutes les agences de presse.
C’est ce constat qui est à l’origine de l’Agence QMI dont nous avions débuté la création il y a plusieurs années maintenant avec la mise en place de notre programme ISO (Integration, Syndication, Optimisation). La mise sur pied d’une telle agence nous permet de maximiser l’utilisation de nos ressources, tout en permettant à davantage de journalistes d’effectuer du journalisme à valeur ajoutée et de créer des contenus originaux qui vont au-delà de la nouvelle-commodité. Nous croyons qu’il en va tant de l’avenir de la profession que de notre industrie qu’il en soit ainsi.
Par ailleurs, nous ne pouvons non plus ignorer que le journalisme s’est modernisé au fil de l’évolution technologique tout comme il en a été pour les autres métiers (imprimerie, préparation, expédition, services administratifs, etc …). À titre d’illustrations, il est tout à fait compréhensible que la venue de gabarits informatiques standardisés puisse entraîner une réduction du nombre de pupitreurs, que la disponibilité de services de statistiques sportives en ligne nous amène à réduire le nombre de statisticiens et que l’informatisation des supports entraîne une réduction des archivistes.
Les habitudes de consommation de la nouvelle se modifient radicalement pour inclure plusieurs plateformes, entraînant au passage une baisse des sources de revenus traditionnelles, alors que plusieurs de ces nouvelles plateformes représentent toujours un défi à monétiser. Peu importe la conjoncture économique, nous devrons donc inéluctablement faire plus avec moins au cours des prochaines années.
Dans ce contexte, nous avons toujours été clairs et transparents avec nos employés du Journal de Montréal, tant lors des premiers échanges en 2008 qu’aujourd’hui. Toutefois, le temps continue à s’écouler et la pratique du journalisme et l’organisation du travail au sein de notre entreprise continuent à évoluer. Notre expérience des deux dernières années et la profonde mutation des médias qui se concrétise nous forcent à adapter notre modèle d’affaires à ce marché en mouvance.
Il va de soi que l’offre de règlement à nos employés n’est pas non plus figée dans le temps et doit être adaptée. Les paramètres essentiels à un règlement avec nos employés, lesquels sont d’ailleurs connus du syndicat depuis décembre 2009, et plus particulièrement quant au nombre d’effectifs depuis mai 2010, reflètent cette évolution.
La meilleure façon d’assurer l’avenir de notre industrie est de savoir s’adapter aux meilleures façons de faire pour que l’entreprise continue d’assurer une rentabilité pour l’ensemble des constituants qui y sont représentés. Il s’agit d’impératifs incontournables puisque ceux qui ne les ont pas suivis sont aujourd’hui disparus.
Les gestes posés par Corporation Sun Media sont motivés par un seul objectif : assurer la survie à long terme de nos médias. La logique du syndicat et de la CSN repose pour sa part sur le maintien à tout prix de postes qui sont aujourd’hui désuets, quitte à compromettre la survie à moyen terme d’un plus grand nombre de postes.
D’autres journaux ont été contraints de mettre la clé dans la porte ou de réduire le nombre de jours de parution. La qualité de l’information serait-elle mieux servie si nous devions en faire autant? Nous croyons que non. -30-


Janvier 2011
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Bonjour
Je suis solange Lusiku Nsimire, éditrice du journal le souverain paraissant à Bukavu en république démocratique du Congo.
J’aimerai entrer en contact avec madame Lyne Robitaille en vue d’échanger sur beaucoup de questions en rapport avec la profession de journaliste, le journal et tout ce qui a trait avec le rôle d’une éditrice. son numéro de télephone ainsi que son e mail me serviraient beaucoup.
l’on constate que vous ne répondez jamais aux questions qu’on vous pose. Déception.