Le Journal et la qualité de l’information: réplique de Raynald Leblanc | Trente

Le Journal et la qualité de l’information: réplique de Raynald Leblanc

Jeudi 18 novembre 2010
Par Patrick Déry

STIJMDans notre numéro de novembre, le billet du rédacteur en chef rappelait que la direction du Journal de Montréal, lors du déclenchement du lock-out, s’était défendue en disant vouloir « augmenter le nombre de professionnels de l’information » au Journal, un discours qui détonne à la lumière des récentes offres, rejetées par près de 90 % des lock-outés, et qui prévoyait de couper environ 200 des 253 postes au Journal, ne lui laissant que 17 reporters sur les 65 avant le lock-out.

La présidente et éditrice du Journal, Lyne Robitaille, a défendu son plan d’affaires dans une réplique publiée sur notre site, faisant valoir que déjà, en décembre 2009 «les paramètres essentiels à un règlement» avaient changé, et qu’il fallait «assurer la survie à long terme de nos médias».

Le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM), Raynald Leblanc, nous a fait parvenir cette réponse aujourd’hui.

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Quelle heure est-il Mme Robitaille?

L’éditrice du Journal de Montréal, Lyne Robitaille, passe à côté de l’essentiel dans sa réponse au Trente du 16 novembre 2010.

L’objectif de Quebecor Média est clair depuis le jour où Pierre-Karl Péladeau a jeté à la rue les 253 syndiqués du Journal de Montréal, le 24 janvier 2009: tuer le syndicat et remplacer les vrais travailleurs du Journal par des employés jetables.

Le plus grand quotidien du Québec, La Presse, a signé un contrat avec ses employés il y a un an jour pour jour, le 19 novembre 2009, sans conflit de travail. Les deux journaux font pourtant partie du même marché, dans la même conjoncture économique et, en prime, négocient avec la même centrale syndicale, la CSN.

Quebecor se sert de la « crise » des médias pour justifier le congédiement de 200 des 253 employés syndiqués. Mme Robitaille déclarait pourtant, le 7 octobre 2010, que « Le Journal de Montréal a vu son lectorat augmenter de façon spectaculaire au cours de la dernière année ».

Le Journal de Montréal a déjà été le vaisseau amiral de Quebecor. Avec le plan d’affaires de Pierre-Karl Péladeau, le Journal devient un simple « diffuseur de contenu » produit par une poignée d’employés. Le rédacteur en chef du Trente, Jonathan Trudel, a expliqué avec justesse les conséquences de cette stratégie sur la crédibilité de l’information au Journal.

L’éditrice écrit que « l’offre de règlement à nos employés n’est pas non plus figée dans le temps et doit être adaptée ». Nous sommes d’accord. C’est pourquoi les syndiqués du Journal de Montréal en lock-out, depuis près de deux ans, ont rejeté à 89,3% l’offre de Quebecor, le 12 octobre 2010. Le STIJM a ensuite déposé de bonne foi une offre de règlement susceptible, selon nous, d’assurer la pérennité du Journal de Montréal dans le respect de ses employés et des normes journalistiques essentielles à la qualité de notre travail.

Réveillez-vous Mme Robitaille, c’est l’heure de négocier.

Raynald Leblanc
Président du STIJM

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