Première chaîne : Patrick Beauduin revient à ses premières amours
Actuellement vice-président principal Créativité chez Cossette, Patrick Beauduin prendra les fonctions de directeur général de la radio de Radio-Canada à compter du 1er décembre prochain. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que « l’homme de pub » se prépare à défendre des produits culturels.
Trente : Quelles missions vous a-t-on confiées ?
Patrick Beauduin : Je ne peux pas tout dévoiler pour l’instant, mais je peux vous dire qu’il y a trois mandats principaux : continuer la rénovation de la Première Chaîne de Radio-Canada, poursuivre le développement d’Espace Musique et développer le produit musical de Radio-Canada – ce dernier mandat n’étant pas radiophonique mais plus global.
Dans tous les cas, il s’agit de se projeter dans les cinq, dix, quinze ans à venir. Comment répondre aux nouveaux modes de consommation des auditeurs à travers un média si historique ? Comment lui permettre de conserver toute sa force et tout son succès ?
Trente : Pourquoi avez-vous été choisi pour exercer ces fonctions ?
Patrick Beauduin : Sylvain Lafrance, vice-président principal des Services français, est certainement le mieux placé pour répondre à cette question… Ce que je peux dire, c’est que mon profil de publicitaire ne lui pose aucun problème. D’ailleurs, je n’évolue pas exclusivement dans ce milieu, et ce depuis de nombreuses années.
J’ai toujours eu un pied dans le monde de la télé et de la radio, qui me passionne : je fais notamment des chroniques culturelles pour la Première Chaîne et de l’analyse d’image à l’émission de Marie-France Bazzo. Je suis également professeur d’histoire de la société de consommation et des médias à HEC Montréal, je siège au CA du Conseil des Arts de Montréal, à celui de la compagnie Marie Chouinard… et le seul diplôme que je possède est un diplôme en journalisme. Bref, ce n’est pas seulement le publicitaire qui a été engagé.
Trente : En somme, vous revenez à vos premières amours ?
Patrick Beauduin : C’est exactement ça! Mais il ne faut pas se méprendre : je ne vais pas diriger une salle de rédaction, je vais diriger une radio. Cette radio ne produit pas que de l’information, mais beaucoup d’autres choses.
Trente : On dénonce souvent des liens trop étroits entre publicité et journalisme. Qu’en pensez-vous ?
Patrick Beauduin : C’est vrai, une trop grande proximité entre les deux est souvent dénoncée, et des questions d’indépendance du propos souvent posées. Mais le débat n’est pas nouveau vous savez. En 1880 déjà, plus de la moitié des revenus des journaux français provenaient de la publicité… Aujourd’hui encore, on ne peut pas faire comme si le journalisme pouvait exister sans la publicité (ndlr : il n’y a pas de publicité à la radio de la société d’État).
C’est vrai aussi, on peut parfois raisonnablement penser que certaines ambigüités posent problème. Or dans tous les cas, l’information ne devrait jamais être pervertie. Et c’est le rôle des journalistes de veiller à ce que la proximité ne se transforme pas en promiscuité. -30-
À lire aussi :
Médias – Une drôle de bibite à Radio-Canada, Le Devoir
Patrick Beauduin à Radio-Canada : « La radio englobe une réalité beaucoup plus large qu’avant », Infopresse
Patrick Beauduin quitte Le Monde de Cossette pour Radio-Canada, Le grenier aux nouvelles


Janvier 2011
Loading