2010 Dans les médias : Les grands (d)ébats
Chaque année apporte son lot de débats qui s’emparent des manchettes, et pas toujours pour les bonnes raisons. Parce que, la plupart du temps, le quatrième pouvoir ne peut résister à la controverse, même impertinente. En 2010, on s’est donc trop déchirés sur…
(publié dans l’édition de janvier du Trente)
1-Une poule avec ça?
L’été, c’est bien connu, est la saison morte de l’actualité. Alors si un collectif lance une pétition pour la réhabilitation des poules à Montréal, qu’il trouve une oreille attentive du côté d’un arrondissement et que l’on peut même y associer du visuel insolite (des poules devant l’hôtel de ville, rien de moins), comment résister?
Et il y a plus! À l’heure où l’interactivité et l’opinion sont à l’honneur, les galliformes citadins ont rempli un autre mandat : permettre aux réseaux sociaux, aux blogues et aux commentaires de réactiver les guerres Montréal-Région, Montréal-Banlieue et même Montréal-Québec, en attendant le retour des Nordiques (quoique ça s’en vient ça aussi, voir plus loin). En effet, chacun a eu son mot à dire sur la faisabilité de la chose et sur les projets écolos de la Clique du Plateautm (et de Rosemont, dans le cas qui nous occupe).
Les poules urbaines se sont alors transformées en poules aux œufs d’or pour les médias. Pour ceux qui ont perdu le compte, la pétition venait de franchir le cap des 2500 signatures au moment d’écrire ces lignes.
2-Aux barricades pour les Nordiques
Le projet de retrouver une équipe de la LNH à Québec a réactivé les passions médiatiques, et à de très hauts niveaux cette fois. La rivalité Nordiques-Canadiens est devenue un affrontement Quebecor-Bell/Molson. Après le photo-op grossièrement électoraliste de députés de Québec – sans avoir averti le patron, oups! –, les promesses autant que les silences des libéraux provinciaux et des conservateurs fédéraux ont été scrutés à la loupe.
Pierre Curzi a sauté sur l’occasion pour accuser le Tricolore d’être un outil de promotion du fédéralisme. Même La Presse a été secouée, avec un affrontement Yves Boisvert-Réjean Tremblay, que d’aucuns considéraient comme ayant déjà un pied dans l’empire Quebecor. Et que dire de la fameuse marche bleue, un succès pour la foule, mais un interminable moment de télévision pour les spectateurs, ceux de LCN entre autres.
3- La « vraie » vie de Claude Dubois
C’était en octobre 2009. Claude Dubois refusait de faire la queue pour obtenir le vaccin contre la grippe A(H1N1) et passait par la porte arrière. Depuis, il semble que le chanteur se soit payé un abonnement aux médias pour l’année 2010, toujours pour les mauvaises raisons.
Arrivée de Dubois en réalité à V, injonction dès le deuxième épisode, retour en ondes, accouchement en secret, annonce pour le DVD, « non-disponibilité » de l’artiste, problème de cachet, fin des émissions… Tout ça pour sept épisodes. Avec son fameux droit de regard, Claude Dubois a voulu garder le contrôle sur son image dans une téléréalité diluée. C’est raté. Si V a voulu obtenir de la publicité gratuite – avec la complicité des chroniqueurs télé qui se sont épanchés sur les déboires à Dubois –, c’est réussi. Fadelidoutwi.
4- Anne-Marie Losique
Les médias, courroies de transmission? Personne en 2010 n’a appliqué le principe avec autant de succès qu’Anne-Marie Losique. « Faites parler de vous en bien ou en mal, peu importe. La controverse est votre seconde peau… » C’est la règle no 1 du manifeste d’AML, que l’on peut consulter sur son site Web (mais préférablement pas au travail). La no 3? « Arrangez-vous toujours pour vous faire remarquer. »
Eh bien, en voilà une qui prêche par l’exemple. En 2010, la plastifiée productrice a défilé dans les médias pour promouvoir deux projets : la chaîne de télévision pour adultes Vanessa et son livre de photos érotiques, Confessions sauvages, qui sert à promouvoir la précédente. Et il n’en fallait pas plus pour semer l’émoi médiatique, ce qui était justement ce que recherchait la principale intéressée. En entrevue, celle qui « devint d’abord célèbre comme animatrice de Box-Office » (c’est Wikipédia qui le dit, ce doit être vrai) indique qu’elle pourrait se retirer de la vie publique d’ici cinq ans. On imagine que ça se fera discrètement n’est-ce pas? En attendant, la recette fonctionne toujours puisqu’on récidive ici. Elle a encore gagné.
5- Price ou Halak?
La question divise la province. Elle occupe les tribunes téléphoniques, contribue à faire noircir des pages et des pages (et encore des pages) de journaux, entraîne vox-pop et sondages à répétition. Pendant des mois, le ton monte, les échanges deviennent émotifs. Le sort d’un peuple est entre les mains de quelques indécis… Le Québec doit-il se séparer du Canada? Le Canadien doit-il se séparer de Carey Price ou de Jaroslav Halak?
C’est Pierre Gauthier qui tranchera finalement en faveur de Price en échangeant ce qui était alors la personnalité la plus souvent mentionnée dans les médias en 2010 (d’après Influence communication), soulevant colère et incompréhension par la même occasion. « On pourra au moins passer à autre chose maintenant », ont lancé certains, soulagés.
C’était être bien naïf et bien mal connaître les journalistes sportifs et les gérants d’estrade! Qui a eu le dessus? La décision était-elle la bonne? Price pourra-t-il répondre aux attentes? Ou redeviendra-t-il rapidement le même, oubliant les promesses de changement maintes fois entendues?… Mon petit doigt me dit que l’on n’a pas fini d’en entendre parler… -30-
Christian Duperron est rédacteur en chef Web au quotidien Métro.


Janvier 2011
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