L’actualité en 2010, selon Influence Communication
Influence Communication a publié son État de la nouvelle 2010 le 14 décembre dernier. Au menu : retour sur les évènements marquants de l’année, palmarès des thématiques les plus présentes… et quelques critiques bien senties. Morceaux choisis.
• Le tremblement de terre à Haïti, nouvelle de l’année
L’évènement a dominé le paysage médiatique, s’accaparant à lui seul 23,45 % de tout l’espace nouvelle sur une période de sept jours. C’est plus que les attentats du 11-Septembre.
• Le sport, thème numéro 1
Le sport représente 19,48 % de l’ensemble de l’information. Le Canadien de Montréal a obtenu à lui seul un poids médias de 15 %, dont 77 % des nouvelles du sport.
Dans le Top 15 des nouvelles de 2010 sur 7 jours, le sport occupe par ailleurs… 10 places.
« Le sport est véritablement à son apogée. Jamais depuis le début des années 2000 le sport, en particulier le hockey, n’a pris une telle ampleur dans nos médias. Jamais la pauvreté, les aînés, les Autochtones et même le reste du Canada n’ont occupé si peu de place », commente Jean-François Dumas, président d’Influence Communication, dans la page de présentation du bilan.
• Plus d’actu internationale
L’information internationale a gagné 37,8 % cette année. Par ailleurs, le dossier des gaz de schiste, la marée noire dans le Golfe du Mexique et la gestion de l’eau sous toutes ses formes ont, entre autres, permis à l’environnement d’accroître ses parts de marché de 69 % cette année. L’étude souligne que c’est la première fois en trois ans que ce phénomène survient.
• Plus de cuisine, moins d’arts et spectacles
La place accordée à la cuisine et aux recettes a connu un gain de 32 %. 3,64 % du contenu des médias a ainsi porté sur ce thème en 2010. Influence Communication estime qu’à ce rythme, ce secteur aura surpassé les arts et spectacles d’ici deux ans. Ceux-ci ont d’ailleurs chuté de 6 % cette année et de 63 % en cinq ans.
• Moins d’économie et de santé
La santé a perdu 84 % de sa vélocité cette année, représentant 1,63 % du contenu médias. Selon l’analyse d’Influence Communication, rien d’étonnant à cela : après une très forte polarisation médiatique (grippe A(H1N1) surmédiatisée l’an dernier), on voit souvent un thème accuser un retard important dans les mois qui suivent. L’économie a quant à elle chuté de 56 %, pour atteindre un poids médias de 6,37 %.
• Les nouvelles pancanadiennes toujours boudées
Occupant 0,56 % de l’espace nouvelle, l’actualité pancanadienne représente le plus petit poids média du classement. Elle est devancée par les catégories Insolite (0,81 %), Prix de l’essence (1,14 %), et Météo (1,19 %). Les auteurs de l’étude précisent que les médias québécois se montrent ici « fidèles à leurs habitudes ».
• La fausse mort de Pat Burns, bogue de l’année
Les analystes d’Influence Communication ont attribué leur « Bogue de l’année 2010 » à ce qu’ils appellent le « délire médiatique » qui a suivi l’annonce erronée de la mort de Pat Burns, quelques semaines avant son décès. « Une nouvelle qui s’est propagée comme une traînée de poudre dans les médias sociaux et certains sites Web d’information. Quelque 43 minutes plus tard, le fils de Pat Burns démentait l’histoire sur les réseaux d’information. Terrible malaise », peut-on lire dans le chapitre dédié.
• Louis Lacroix à propos de Lhasa de Sela : « dîner de con » 2010
Influence Communication constate, chaque année, une faiblesse de l’actualité entre le 21 décembre et le 21 janvier : l’agence recense environ 4 000 éléments de nouvelles par jour, contre 7 000 en moyenne pendant la période haute. Résultat : « les médias accordent une attention démesurée à des nouvelles qui, en temps normal, n’auraient pas mérité une médiatisation aussi importante ». C’est ce qu’elle appelle un « dîner de con ».
Cette année, ce sont les propos de Louis Lacroix à l’égard du décès de Lhasa de Sela qui ont créé la controverse début janvier. « Sur 7 jours, l’affaire Louis Lacroix (impliquant directement Louis) a occupé 3,42 % des nouvelles (incluant Internet). Cette histoire a suscité 4 fois plus d’attention que l’annonce même du décès de Lhasa de Sela. (…) Sans rien enlever à la forme controversée des propos de Louis Lacroix, on peut conclure que, sur le fond, il avait raison d’affirmer que la mort de Lhasa de Sela n’aurait pas suscité autant d’attention à un autre moment de l’année », peut-on lire.
• Le budget du gouvernement Charest en tête du palmarès politique
Le budget du gouvernement Charest se hisse en tête du palmarès politique québécois de l’année, avec un poids médias sur 7 jours de 5,62 %. Il est suivi du témoignage du premier ministre à la Commission Bastarache (4,78 %), de l’affaire Marc Bellemare (3,93 %), de l’affaire Gilles Vaillancourt (2,03 %) et du décès de Claude Béchard (1,51 %).
• Halak, personnalité de l’année
C’est la première fois depuis 2005 que la personne la plus médiatisée au Québec n’est pas un politicien, nous indique l’étude. Avec un score de 3,96 %, Jaroslav Halak arrive en tête du Top 10 des personnalités qui ont fait la nouvelle en 2010. Il est suivi de Jean Charest (3,39 %), Michael Cammalleri (2,80 %), Carey Price (2,56 %), Stephen Harper (2,40 %), Brian Gionta (2,19 %), Barack Obama (2,10 %), Tomas Plekanec (2,12 %), Andrei Markov (1,76 %) et Jacques Martin (1,66 %).
• La Presse, quotidien le plus cité
La Presse se classe au premier rang (30,52 %) du palmarès des quotidiens québécois les plus cités à la radio et à la télévision au Québec. Le Journal de Montréal arrive en seconde position (20,44 %) et Le Devoir en troisième (19,51 %). Suivent Le Soleil (9,58 %) et Le Journal de Québec (7,72 %).
• Le point de vue de Jean-François Dumas
« Chaque fois que nous dressons un tel bilan, je constate que l’actualité oscille entre les valeurs haussières et baissières dans les salles de nouvelles. L’intérêt des médias est suscité selon les impératifs financiers, les modes, la concurrence féroce ou simplement les égo commerciaux ». (En page 4 de l’étude.)


Janvier 2011
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