Le rédacteur en chef du Trente démissionne
Jonathan Trudel, rédacteur en chef du magazine Trente depuis le début de 2010, a donné sa démission. La décision fait suite à la réduction du nombre d’éditions du Trente de dix numéros à trois numéros par an. La FPJQ avait annoncé hier par voie de communiqué qu’elle devait couper dans ses dépenses, dont celles liées au magazine, en raison d’un déficit de 21 000 $ enregistré l’an dernier et de ventes publicitaires défaillantes.
Dans une lettre adressée au conseil d’administration de la FPJQ qu’il a également fait parvenir au comité de rédaction du magazine, M. Trudel indique: «Je ne peux me rallier à cette décision parce que j’ai la nette impression que toutes les solutions n’ont pas été envisagées afin d’éviter le pire». Il souligne que la réduction à six numéros plutôt que dix aurait à elle seule entraîné des économies de 25 000 $.
La lettre complète est disponible ci-dessous et est suivie du communiqué de la FPJQ.
La lettre de Jonathan Trudel:
Chers membres du c.a.,
C’est avec un vif regret que je vous remets ma démission à titre de rédacteur en chef du Trente.
Je connais personnellement plusieurs d’entre vous et je sais que ce n’est pas de gaieté de cœur que vous avez décidé de saborder (à toutes fins pratiques) ce magazine, fondé il y a près de 35 ans par Paule Beaugrand-Champagne. Mais je ne peux me rallier à cette décision parce que j’ai la nette impression que toutes les solutions n’ont pas été envisagées afin d’éviter le pire.
Nous savions tous que le magazine éprouvait des difficultés financières depuis quelques années, liées à la diminution de la publicité imprimée. Il y a eu une (réelle) embellie de ce côté au cours des derniers mois, mais il restait un déficit à combler, c’est indéniable. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai demandé, avant les Fêtes, la tenue d’une réunion du comité de direction du Trente pour réfléchir aux mesures à prendre pour résorber ce déficit. En prévision de cette rencontre, qui devait avoir lieu en janvier, le rédacteur en chef adjoint Patrick Déry et moi planchions justement sur des scénarios pour assainir les finances, dont une diminution à 6 numéros l’an, sur le modèle du Columbia Journalism Review. (À contrecoeur, Patrick avait déjà évoqué ce scénario dans une lettre au comité exécutif de la FPJQ remise… en mai dernier.) À elle seule, une telle diminution aurait permis d’économiser environ 25 000 dollars par an.
En contrepartie, j’aurais voulu bonifier le blogue du Trente (qui compte déjà 2800 abonnés sur Twitter) pour en faire un véritable site d’information et de réflexion sur le journalisme et, notamment, mieux mettre en valeur les articles du magazine. Des amis et fervents lecteurs du Trente, patrons du Web dans leurs entreprises de presse respectives, étaient prêts à donner de leur temps pour aider à bâtir ce nouveau site. Je débordais d’enthousiasme à imaginer des partenariats possibles (universités, centres de recherche, autres publications spécialisées sur les médias, etc), à la fois pour le magazine et le futur site Web.
À ma grande déception, nous n’avons même pas eu la chance de présenter nos idées, ce que j’arrive (très) mal à m’expliquer. Je reste convaincu qu’une solution moins radicale aurait pu être trouvée. N’aurait-il pas été préférable d’entendre tous les points de vue avant de prendre, à la hâte, une décision si lourde de conséquences pour le seul et unique lieu indépendant de réflexion et de débats sur le journalisme au Québec?
Si la situation était à ce point préoccupante, pourquoi ne pas avoir soulevé la question lors du dernier congrès de la FPJQ, il y a à peine sept semaines? A-t-on songé à solliciter une aide d’urgence à la ministre de la Culture et des Communications et ex journaliste Christine St-Pierre, ne serait-ce que pour nous donner le temps d’envisager d’autres modèles? A-t-on aussi songé à demander aux lecteurs (membres) une modeste augmentation de leur contribution? C’est ce qu’ont fait depuis deux ans la plupart des magazines pour devenir moins dépendants des revenus publicitaires.
Bref, a-t-on exploré toutes les possibilités pour éviter le sacrifice de cette institution appréciée des membres? Malheureusement, rien ne me permet de le penser. Le Trente aurait mérité un meilleur sort.
Lors de la récente crise des médias, nous, journalistes, avons été nombreux à faire preuve de souplesse et de créativité pour assurer la survie de nos médias. Il est paradoxal qu’une association de journalistes lance si rapidement la serviette. À compter d’aujourd’hui, il nous sera malheureusement plus difficile de dénoncer les propriétaires de journaux qui s’empressent de couper dans leurs effectifs et leur contenu dès que des ennuis financiers se présentent.
Je vous remercie de la confiance que vous m’avez manifestée en me nommant à ce poste. J’ai passé une année mémorable à la barre du Trente.
Jonathan
***
Le communiqué de la FPJQ :
La FPJQ réduit la fréquence de parution du Trente
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) réduit la fréquence de parution de son magazine Trente de 10 à 3 éditions par année afin d’en assurer la survie et de redresser une situation financière précaire.
Cette décision du conseil d’administration se fonde sur des prévisions budgétaires qui annoncent un déficit considérable à la fin de son année financière, après un déficit déjà préoccupant de 21 000$ à la fin de la précédente année financière.
La décision entraîne la suppression du poste d’adjoint au rédacteur en chef, à compter du 1er avril. Cette mesure aura un impact limité sur l’année en cours, qui sera fortement déficitaire malgré tout. Combinée à d’autres mesures, elle devrait permettre de rétablir la situation financière de la Fédération au cours de l’année 2011-2012. Les coûts importants liés à la production d’un magazine papier, dans un marché publicitaire qui ne retrouvera jamais sa vigueur d’antan, en raison de la crise des médias, sont en effet largement responsables du déficit qui se creuse à la Fédération.
En prenant cette décision difficile, la FPJQ assure la survie du magazine et du blogue. La Fédération maintient aussi la Lettre InfoFPJQ, son site internet et ses pages sur les réseaux sociaux. La Fédération s’assure ainsi qu’elle aura la latitude financière nécessaire, au cours des prochaines années, pour se consacrer à d’autres activités essentielles de défense des droits et intérêts des journalistes.
Parmi les autres mesures pour redresser la situation financière, on compte une réduction temporaire du salaire du secrétaire général de l’ordre de 20 %, un rapatriement à l’interne de la tenue de livres, une hausse modeste des frais de perfectionnement et une restriction générale des dépenses. Une légère hausse des cotisations est également envisagée.


Janvier 2011
Loading
Bien d’accord avec Jonathan Trudel. Si le sort du Trente était si préoccupant, pourquoi ne pas en avoir fait l’objet d’une discussion au dernier congrès?
Difficile de blâmer la FPJQ plus que les journalistes eux-mêmes. J’ai été membre plusieurs années, participant à la fondation de la FPJQ-Estrie. Mais j’ai fini par passer mon tour, me sentant, même après 38 ans de métier dans les médias régionaux, un membre de deuxième ou troisième zone, parce que trop loin de Montréal. J’ai déjà proposé un texte pour Le Trente. On m’avait répondu que le sujet, un bon coup d’un média régional vs les nationaux, n’était pas de mise. Trop d’entre vous aimez vous plaindre que le journalisme vit des moments difficiles. Les lock-outés du JdM ont lancé Rue Frontenac, viarge, et ont montré qu’il y avait de la place pour du bon matériel. La FPJQ n’aurait pas les moyens de se payer 6 numéros du Trente? Coudonc, c’est qui votre boss? Médias Transcontinental? Quebecor? Sortez de votre corporatisme et faites vivre le journalisme dans votre journal interne. Et bottez le cul de ceux qui, comme moi, procas…procrast.. en tout cas, qui se pognent le beigne au lieu de renouveler leur abonnement. Dès demain, je complète le formulaire. Mais ne dormez pas au gaz!
Quelle mauvaise nouvelle. Dommage qu’un journal ne fessant pas partie une grosse corpo. trouve comme seule solution de pratiquement faire mourir son journal comme unique solution à des problèmes d’argent…
Dans l’ère du numérique et du mobile, il y a plein d’autre moyen de rentabilisé un journal… Soyez créatif et innovateur…
Dommage pour le 30 de perdre Jonathan…et 7 numéro par année.
Un lecteur (non-journaliste) du -Trente-
Il serait temps que nous, journalistes, nous serrions les coudes face au recul constant de notre profession, dont ce qui arrive au Trente n’est que le dernier épisode. Les uns nient qu’il y ait un problème, les autres proposent des recettes magiques, mais bien peu se tiennent debout face à des éditeurs grippe-sous ou à des stratégies délétères pour la qualité de l’information.
En tant que membre actif de la FPJQ, je considère que la FPJQ doit reculer et travailler à trouver d’autres solutions.
Pour des journalistes de la relève comme moi, le Trente est très important. J’imagine qu’il l’est tout autant pour les autres professionnels du journalisme.
François Parenteau
Le Trente est une des raisons pourquoi je suis membre de la FPJQ. Chaque mois, j’aime lire les articles de mes collègues et en apprendre un peu plus sur le journalisme québécois.
Comme l’a écrit François, le Trente est très important pour la relève. Mon premier article publié l’a été dans le Trente. J’ai travaillé avec trois rédacteurs en chef et Patrick Déry, l’assistant à la rédaction. Et ces personnes m’ont toujours aidé à m’améliorer en me procurant des commentaires précis et utiles. J’ai participé à la mise sur pied de la rubrique Les têtes qui bougent que j’ai tenue pendant un an. J’ai fait partie de la première équipe de blogueurs du Trente.ca lorsque le site a été créé. J’écris très régulièrement dans le magazine. Tout cela représente du temps non rémunéré, mais ce travail est très gratifiant. Je me suis trouvé plusieurs contrats grâce à mes collaborations avec le Trente, j’ai pu faire mes preuves et me faire des contacts.
J’ajoute ma voix à celle de François et en tant que membre actif de la FPJQ, je considère que la fédération doit reculer et travailler à trouver d’autres solutions.
Pourquoi la FPJQ n’offre-t-elle pas tout simplement pas une version électronique du Trente? Elle éliminerait ainsi les coûts d’impression et de distribution. L’abonnement serait payant comme la version papier via la cotisation annuelle à la FPJQ.
La FPJQ doit aussi ajuster la cotisation annuelle à la fédération (revelée à 150$ il y a quelques, mais qui stagne depuis) à l’inflation (et pourquoi pas l’inflation + deux points de pourcentage). Un gel correspond dans la réalité à une baisse de revenus…
Enfin, pourquoi ne pas créer un fonds pour soutenir Le Trente durant sa restructuration que l’on pourrait nommer Les Amis du Trente. Ainsi, les membres de la FPJQ(ou tout autre personne ayant à coeur les débats en journalisme) pourraient verser un montant dans ce fonds temporaire.
Faire passer la publication du Trente de 10 à 3 numéros par année est incompréhensible. La FPJQ va certainement économiser de l’argent, mais elle menace la pérénité du magazine à long terme.
Le constructeur automobile General Motors s’est relevé en procédant à une restructuration de ses activités et non pas à leur destruction.
La FPJQ
Prise 2 (la suite)
J’ai posté mon commentaire par accident alors qu’il n’était pas encore terminé:
La FPJQ doit donc faire preuve de plus d’imagination.
Elle pourrait par exemple créer un comité de relance sur lequel siégeraient des spécialistes des médias qui ont participé à des restructurations réussies dans l’industrie.
La FPJQ doit aussi faire preuve de plus de transparence dans le processus de restructuration du Trente. Cette crise semble tomber du ciel pour ceux et celles qui ne siégent pas au conseil d’administration.
La plupart des journalistes sont attachés à cette institution. Je suis convaincu que plusieurs sont d’ailleurs prêts à mettre l’épaule à la roue pour sauver et relancer ce magazine.
François Normand
Journaliste
Les Affaires
En tant que cofondateur du premier Trente, organe de la défunte Alliance canadienne des syndicats de journalistes (CSN), ancêtre de la Fédération nationale des communications (CSN) , puis du Trente « actuel » de la FPJQ, avec Paule Beaugrand-Champagne, Gisèle Tremblay, Bruno Dostie, Louis Fournier et d’autres précurseurs dont les noms m’échappent (qu’ils me pardonnent, c’est l’âge)que nous faisions tous bénévolement (personne n’était payé, même le directeur), puis vice-président de la FPJQ après avoir été le dernier secrétaire-général de feu l’Union canadienne des journalistes de langue française (UCJLF),un des mouvements fondateurs de la FPJQ.
Le Trente, dans ses deux versions (la première sous l’ACSJ, la seconde, encore plus professionnelle, sous la FPJQ) est la seule revue « faite par des journalistes d’ici, réfléchissasnt sur le métier d’ici ».
La faire disparaître, c’est réduire, pour la majorité des membres, la FPJQ au congrès annuel. (J’espère qu’on le supprimera pas lui aussi).
Et il me semble que peu de gens ont remarqué qu’on a également baissé de 20% le salaire du secrétaire général. Claude Robillard est un véritable apôtre dans un sens où il n’y en a plus. C’est pas une réduction de 20% de son traitement qu’on devrait lui faire mais l’augmenter. Sinon, (c’est peut-être déjà fait), il serait en droit de réduire sa charge de travail de 20%.
Diable, on va où? On donne quel exemple aux patrons? Si la FPJQ réduit le salaire de son secrétaire général de 20% et la parution de son magazine de 70%, cela sera quoi nos arguments pour dire aux patrons: ne réduisez pas les salaires, ne réduisez pas les parutions?
Je n’ai pas de solution magique. Mais journaliste retraité (officiellement depuis maintenant huit ans…), ne faisant pas de pige et ne vivant que de mon fonds de pension et de mes économies (sauf $2000 de traitement , incluant les frais de déplacement) pour donner un cours universitaire en histoire), je continue de payer ma cotisation à la FPJQ et d’en être membre.
Même si moi, je n’en retire aucun service (sauf le Trente qu’on m’ampute de 7 numéros par année).
Triste, triste …
Pierre Vennat
Journaliste professionnel (je continue de me définir comme tel à la retraite ou plutôt maintenant journaliste-historien) depuis 1959, bref plus d’un demi-siècle. Et fier de l’être.
En tant qu’étudiant en journalisme et depuis récemment collaborateur au magazine, j’ajoute ma voix à tous ceux qui croient que Le Trente est un outil essentiel pour débattre et renouveler la pratique du journalisme au Québec.
Il est difficile pour quiconque qui n’est pas directement impliqué dans la structure administrative du magazine d’analyser les réelles difficultés financières et de comprendre les décisions qui sont prises aujourd’hui. Je tiens simplement à partager mon expérience.
Connaissant la précarité de la presse écrite, imaginez-vous combien il est difficile pour un journaliste de la relève, toujours aux études, de se faire publier au Québec. Cela relève de la chance. Lorsque j’ai soumis une idée de reportage à Patrick et Jonathan en novembre dernier, l’accueil et le support que j’ai reçu ont été incroyables. J’ai pu travailler avec des journalistes chevronnés qui m’ont aidé à mieux écrire et mieux structurer mon histoire. Pour un étudiant, collaborer au Trente permet d’acquérir une expérience qui vaut 1000 fois tous les cours offerts par les départements de journalisme. De plus, cela nous permet de prouver à nos futurs collègues nos talents d’écriture et notre passion / dévouement pour le journalisme… malgré la présente crise des médias écrits.
Je souhaite, au nom de tous les étudiants en journalisme qui regorgent de rêves et d’ambitions, que la direction de la FPJQ et la direction du Trente agissent comme tous journalistes se doit de faire: brasser les idées, utiliser sa capacité au renouvellement et tout son jugement critique afin d’établir la réelle portée du magazine Le Trente et comprendre toute son importance.
Le Trente m’a énormément apporté à moi aussi. C’est d’abord un magazine de grande qualité que j’ai découvert en débarquant au Québec. Des sujets originaux, des idées, des débats, des articles fouillés, intelligents… qui m’ont permis de mieux connaître l’univers journalistique québécois, ses problématiques et ses acteurs.
C’est drôle, je n’ai jamais entendu qui que ce soit le critiquer. Lorsqu’on parle du Trente avec ses collègues, il fait l’unanimité. Bref, il possède sans conteste une vraie valeur ajoutée, que tout un chacun – débutant comme confirmé – sait apprécier.
J’ai eu la chance, également, de pouvoir y écrire. Ce fut une aventure extrêmement enrichissante. L’une de ces aventures qui m’ont aidée à prendre confiance en moi, pour affronter, comme cela a déjà été dit, un marché de l’emploi peu favorable. Sans compter le plaisir de travailler avec le tandem de choc Patrick Déry/Jonathan Trudel !
3 numéros au lieu de 10, ma foi, pourquoi pas. Mais 3 numéros de 60 pages, façon bookzine, ça marche ?
Je suis déçu de la décision de la FPJQ de réduire le nombre de parutions du Trente. Ça va créer un vide. Je ne sais pas si je me trompe, mais on n’a pas été consulté. On nous a pas dit quelles étaient les autres solutions envisagées. J’aurais été en faveur d’une hausse de ma cotisation pour éviter d’en arriver à cette triste situation.
Triste, triste, triste …
Je comprends les critiques de Jonathan quant aux solutions qui auraient pu être envisagées. La fédération ne nous a pas sollicités pour assurer l’avenir du Trente.
En soi, c’est un échec total de ne pas avoir tenté quoi que ce soit avant de mettre la hache dans ce magazine.
Autre sujet d’inquiétude…
L’avenir du blogue Le Trente…
La preuve?
Le dernier article date du 19 janvier,il y a maintenant 8 jours (j’écris jeudi le 27 en fin d’après-midi.)
Aucun commentaire sur le blogue, donc, sur le Rapport Payette (important, cela, non?)
On va en discuter où (je parle de réflexions écrites pour pouvoir prendre position de façon éclairée…) si l’on supprime 7 éditions du magazine et si l’on ne trouve personne pour rédiger le blogue.
Bref, après la démission du rédacteur en chef du magazine et sa suppression de 7 numéros sur 10, doit-on comprendre qu’on ne trouve aucun volontaire pour rédiger le blogue?
Ça m’intrigue. j’aimerais être rassuré.
Pierre Vennat
Comme ex redchef du Trente (2004-2006), je suis sidéré que Jonathan Trudel et son adjoint Patrick Déry n’aient pas été avertis de ce qui s’en venait.
Bernard Descôteaux déciderait de ne plus publier le Devoir le samedi pour économiser, sans en parler auparavant à sa salle de rédaction, et il ferait face à une insurrection. Justifiée.
Le public aussi se scandaliserait.
Autant de la façon de faire que du résultat (chaque semaine, une édition de moins du journal qu’il aime).
À sa création, le Trente était édité par «Les Éditions Le 30», une entité juridique distincte de la FPJQ.
La Fédé et le Trente fonctionnaient chacun en vase à peu près clos. Un système qui a mené, dans le passé, à des conflits.
En 2004, il y a eu fusion.
Ce qui supposait collaboration.
Ce qui supposait consultation.
Ce qui n’a pas été fait dans la dernière décision, unilatérale, et visiblement irrévocable, des administrateurs de la FPJQ.
Pour les artisans du Trente, c’est un coup de poignard, que je ressens aussi.
Je comprends la précarité des finances de la FPJQ.
Je pense aussi à Claude Robillard, le secrétaire-général, pilier de la Fédé, qui a accepté une réduction de 20% de ses revenus.
Je comprends que les administrateurs n’ont pas voulu faire disparaître le Trente, qui existe toujours…
J’aurais mieux compris, et accepté, tout cela si on avait traité Jonathan, Patrick, le comité de rédaction du Trente, des collègues, en somme, avec la considération que l’on doit aux gens qu’on respecte.
J H
@Pierre Vennat
Comme webmestre du blogue du Trente, ce que je constate pour l’instant, c’est que tout est en suspens, Jonathan ayant démissionné et Patrick étant en congé de paternité (félicitations!) avant d’être sans emploi après l’édition de mars.
Concernant la recherche de volontaires, mon inquiétude est qu’il sera difficile d’en trouver pour le magazine avec seulement trois parutions par année (sans compter qu’il sera difficile de générer des débats d’actualité par l’intermédiaire du Trente avec un si grand délai entre chaque parution). Reste à voir si le web pourra être utilisé à son plein potentiel.
@Jean-Hugues Roy
Sur la précarité des finances de la FPJQ et du Trente… Le comptable et les représentants publicitaires ont-ils seulement été consultés dans cette décision? Sont-ils d’accord avec celle-ci? J’en doute, mais il faudrait leur demander…
Et je vais me permettre de reproduire ici les dernières infos diffusées dans la lettre de la FPJQ:
Le conseil d’administration de la FPJQ a confié à Phil Authier, éditeur délégué, la responsabilité de mettre sur pied et d’animer le comité de transition du Trente. Ce comité assurera dans l’immédiat la production de la prochaine édition en avril. Mais surtout le comité verra à développer d’ici peu de mois une vision cohérente des missions spécifiques du magazine, du blogue, du site, de la Lettre d’information et du Journal du congrès. Le but est d’assurer leur développement continu selon leurs forces spécifiques et en misant davantage sur internet, dans le respect de l’indépendance rédactionnelle.
A Christian Duperron
Merci pour tes précisions et ton implication.
A Jean-Hughes Roy et à tous ceux qui ont fait le Trente au cours des années, à ceux qui ont été « démissionné » par la décision récente, et à tous ceux qui ont oeuvré au Trente avec moi (j’avais oublié Françoise Guénette, mes excuses et vive la Vie en rose) un gros merci. On peut être fier du magazine qu’on fera et espérons qu’on trouvera moyen de le continuer.
Aux dirigeants actuels de la FPJQ: Je ne vous en veux pas, je sais que vous faites votre possible, mais il ressort de ceci une grosse contradiction: au cours des années, la FPJQ s’est battue pour la
TRANSPARENCE des institutions publiques.
La FPJQ est une institution publique.
Et sans vouloir vous insulter, ses dirigeants, dans ce dossieer, ont manqué complètement de TRANSPARENCE.
Bon, je me la ferme. Et j’attends la suite dans les prochaines semaines j’espère.
pierre vennat
Bonjour, (message envoyé le 20.01 à Jonathan et Patrick)
J’ai été triste de lire la décision de la FPJQ, brutale et sans appel, dans Le Devoir.
Bravo et merci pour ta sortie Jonathan ! Le Trente est aussi, voire plus important que le Congrès, selon moi. Il aurait mérité plus d’attention.
Bon courage Patrick pour la suite !
ALJ
Comme beaucoup de confrères journalistes et autres observateurs des médias, je me désole de voir le Trente rétrécir comme peau de chagrin. Pour moi, cette publication de haute tenue était essentielle à la compréhension des mouvements de fond qui redéfinissent notre métier de journaliste. C’était aussi un espace de débats civilisés entre collègues. Le Trente nourrissait mes réflexions depuis le début de ma carrière.
Je me désole également de la façon fort inélégante avec laquelle les artisans du Trente ont appris la quasi-disparition de leur publication. Toutes les solutions ont-elles été envisagées pour sauver le bateau?
Jonathan Trudel et Patrick Déry accomplissaient un boulot exceptionnel. Ils avaient de la vision et du contenu. Je les remercie de leur dévouement.
Souhaitons qu’il subsiste quelque chose de leurs efforts.
Marie-Hélène Proulx
Magazine Jobboom
Je me disais que le recul m’aiderait à mieux comprendre et à accepter, mais non, ça ne change rien, finalement.
Plusieurs confrères ont déjà dit ce que je pense: n’y avait-il pas d’autres solutions, pourquoi ne pas avoir eu d’alertes sur la situation, etc., etc.
Je repense aussi à l’époque où j’étais un lecteur du magazine sans être membre de la FPJQ et je serais plus qu’insulté d’apprendre que la revue pour laquelle j’ai payé un abonnement pour un nombre précis de parution n’est pas respecté. Pour celui qui ne s’est abonné qu’à l’automne pour 10 numéros, c’est une sacrée hausse de tarif! (à moins que la FPJQ n’ait prévu un dédommagement…)
Le pire, je pense que la plupart des lecteurs accepteraient une hausse de tarif, pour autant que ça ne soit pas la presque mort, parce que seulement trois parutions, dans le même format qu’actuellement, on frôle la mort, qu’importe ce qu’en dit la FPJQ.
Par ailleurs, je tiens à noter qu’en tant que journaliste en région éloignée, dont la participation au congrès est toujours très incertaine étant donné la distance (10-11h de route de Montréal), la revue et le blogue me donnaient l’impression de pouvoir participer, ou du moins d’assister aux débats sur la profession.
Ce n’est pas seulement triste, c’est déplorable.
Collègues, c’est le moment de se retrousser les manches et de faire en sorte que la revue et le blogue demeurent actifs.
En tant que collaborateur au Trente, je suis très peiné de sa (quasi) disparition. Les journalistes ont besoin d’un magazine qui les représente, qui représente leur profession et tous les défis avenirs. Un magazine qui disparaît, c’est tout un univers qui s’en va, notre univers…
Je ne connais pas le détail des difficultés du 30. Je ne sais pas non plus qui au juste a eu à prendre cette décision, ni pourquoi c’est celle de la parution trois fois par an et pas une autre, parmi les différentes options possibles, qui a prévalu.
Mais c’est dans l’air du temps, n’est-ce pas? Je suppose… que je peux supposer que le « capitalisme sauvage » triomphe encore une fois, à l’échelle modeste de ce magazine.
À la lumière de ce que je peux lire ici, il semble bel et bien y avoir eu « brutalité » dans l’art et la manière de procéder vis-à-vis de ses artisans… et de ses lecteurs. Les personnes qui ont consacré temps, énergie et talent au 30 ne sont malheureusement pas les seules à se heurter à de telles façons d’agir. On en voit des exemples quasiment tous les jours.
Ceci dit, je suis infiniment déçue à l’idée de ne plus recevoir mon 30 aussi fréquemment. Il me permet, en tant que pigiste vivant à l’extérieur de Montréal, de tâter un peu, de loin, le pouls de la profession. N’y a-t-il vraiment pas moyen de reconsidérer cette décision? Il semble y avoir beaucoup de bonnes volontés au rendez-vous…
Denyse Perreault
journaliste indépendante, abonnée depuis plus que belle lurette.
Trois numéros du -trente- au lieu de dix pour le même prix, c’est un peu grossier, surtout fret-net-sec de même. Grossier pour les membres réguliers qui n’ont pas été consultés, et encore plus pour les membres associés pour qui le -trente- constitue le gros des «services» rendus. À moins de six numéros par an, je ne vois pas la pertinence pour un retraité de payer les 70$ exigés pour l’adhésion à la FPJQ. Et pour six ou sept numéros, je serais même prêt à payer un peu plus.
En attendant que vous mettiez de l’ordre dans vos idées (au fait, c’est qui, ça, «vous» ?), auriez-vous la décence de retirer la pub qui, en marge de cette page, invite les gens à s’abonner au -trente- et qui offre DIX numéros pour 35$ ?…
Jean-Pierre Bédard
Montréal
-30-
Je suis déçue et très triste de la réduction de la parution du Trente.
Je me suis abonnée au Trente avant même de faire partie de la FPJQ, c’est pour vous dire comment j’aimais le Trente.
Si le format papier était trop coûteux et non rentable et à l’heure où les médias papiers sont en redéfinition, il aurait été ingénieux de la part de la FPJQ de faire preuve d’innovation en explorant de nouvelles façons de faire circuler l’information.
[...] heures plus tard, le rédacteur en chef, Jonathan Trudel, donnait sa démission à la FPJQ. Dans sa lettre publiée intégralement sur le blogue du Trente, il avoue avoir la «nette impression que toutes les solutions n’ont pas été envisagées afin [...]
Bonjour,
J’ai, moi aussi, été à la barre du Trente pour un bout de temps avec ma collègue de la PC Karine Fortin et je me désole de cette décision unilatérale de la FPJQ qui agit en propriétaire et non en collaborateur. La question aurait dûe être discutée au Congrès de la FPJQ lors de l’assemblée générale des membres. Je crois que l’idée de François Normand d’en faire une publication électronique est intéressante et permettrait de régler les problèmes financiers, encore faudrait-il avoir l’occasion d’en débattre ouvertement.
Valérie Dufour
Journaliste
RueFrontenac.com
Bonjour,
Je tiens,tout d’abord, à manifester mon soutien au Trente. En tant que jeune journaliste, j’accorde une grande importance aux publications comme le Trente, qui accomplissent un travail exemplaire et fondamental d’auto-analyse.J’espère que la direction de la FPJQ trouvera une solution satisfaisante pour permettre à sa publication de remplir sa mission de garde-fou de l’information.
J’aimerais, d’ailleurs, en savoir plus sur le comité de transition animé par Philip Authier. Qui en sont les membres? Quelles sont ses priorités et les mesures envisagées pour sortir de cette crise?
Certaines propositions ont déjà été faites sur ce blogue et mériteraient qu’on s’y intéresse. Quand la Fédération sortira-t-elle de son mutisme pour entamer une discussion ouverte et rassurer les lecteurs qui ont payés et payent pour le Trente?
Bertile de Contencin.